lundi 21 juin 2010

AVANTASIA : The Wicked Symphony/Angel Of Babylon - Critique

Quand j'ai mis The Wicked Symphony dans la platine pour la première fois, je n'en menais pas large. Parce que je l'attends depuis 2008, cette suite de The Scarecrow. Parce que pour moi, The Scarecrow, c'est l'album parfait, celui qui me reste au cœur et aux oreilles pour toujours et dont je ne pourrais plus jamais me passer. Alors, au moment d'appuyer sur "play" pour The Wicked Symphony, j'ai quand même retenu mon souffle.

Les premières mesures de l'ouverture de la chanson-titre, lourdes de menaces, puis le riff d'une noirceur limpide m'ont cueillis. Tout est là. Tragique, torturé, flamboyant : tel sera The Wicked Symphony, chef d'oeuvre absolu de Tobias Sammet, à l'apogée de son génie et de sa créativité.

En bref : deux morceaux de 9 minutes d'une immense richesse musicale et émotionnelle (« The Wicked Symphony », donc, et « Runaway Train », qui combine la guitare déchirante de Sascha Paeth et le piano très MeatLoafien de Miro Rodenberg, et offre une très belle intervention du divin Michael Kiske dans un registre grave plutôt inattendu); un mid-tempo au refrain dévastateur (« Dying For An Angel »); un morceau offert au redoutable Tim Owens, calibré Judas Priest (« Scales Of Justice »), impeccable pour peu qu'on soit fan du « modèle » (ce qui n'est pas mon cas, tant pis); deux titres heavy carrés et irréprochables (« Crestfallen », « Black Wings »); un long morceau qui passe comme un rêve, sur lequel André Matos (qui ne m'avait pas trop convaincu sur les Metal Operas et qui ne m'avait donc pas trop manqué sur « The Scarecrow ») fait des merveilles et s'harmonise à la perfection avec la voix de Sammet (« Blizzard On A Broken Mirror »); un bon vieux hard rock tout droit sorti d'un album de GottHard (à quand le formidable Steve Lee sur un disque d'Avantasia?) (« Forever Is A Long Time »); un morceau très prog (et très réussi) où le nouvel Avantasian Russell Allen joue en double avec un Tobias Sammet plus Bruce Dickinson que jamais (« States Of Matter »); une rock-ballad très plaisante même si un peu attendue (évidentes références, dans la musique et les textes, à « Lost In Space » qui bouclait « The Scarecrow ») (« The Edge »); et surtout, surtout, un speed metal (le seul de l'album), de facture ultra classique (ne serait-ce que dans sa ressemblance avec « Shelter From The Rain »), mais d'une puissance absolument hallucinante, chanté par le sublime Michael Kiske, immortel monstre de metal que seul Tobias Sammet sait invoquer dans toute sa splendeur (« Wastelands »).

Pour résumer, The Wicked Symphony est pour moi une oeuvre phénoménale et un bonheur musical sans fin. Mention spéciale à Sascha Paeth, guitariste multiforme et producteur visionnaire, et Jorn Lande, véritable seconde voix d'Avantasia, présent et parfait tout au long du disque et dans tous les registres.

Une fois apaisée l'angoisse de la déception et après l'extraordinaire bonheur procuré par l'écoute de The Wicked Symphony, la suite Angel Of Babylon ne pouvait qu'être une nouvelle collection de joyaux ciselés par Tobias le Magnifique.
Gasp ! Quelle cruelle désillusion !
Beaucoup plus hétéroclite que The Wicked Symphony (et par là même, beaucoup moins cohérent), Angel Of Babylon aligne des morceaux parfois lumineux, souvent déroutants, toujours simplistes au regard de l'ambition déployée dans le précédent volet et laisse finalement une impression de 'trop peu'.
Ça n'avait pourtant pas si mal commencé : après une joute vocale presque a cappella entre Tobias Sammet, Jorn Lande et Russell Allen, une canonnade de batterie sonne la charge d'un « Stargazers » trépidant (aux refrains : Michael Kiske et l'injustement méconnu Oliver Hartmann). Le morceau-titre « Angel Of Babylon », sans briller par son originalité, est un bon moment de solide heavy metal à la Stratovarius, puis « Your Love Is Evil » lorgne plutôt vers le melodic rock musclé à la Danger Danger.
A ce moment-là de l'écoute, sans avoir été transporté, je ne m'étais pas non plus ennuyé. Mais j'en attendais davantage, en particulier du morceau suivant, cette rencontre avec le « Mountain King » en personne, le titanesque Jon Oliva, qui avait soulevé tant d'enthousiame aux auditions organisées pour la presse.
Gasp ! Quelle cruelle désillusion ! (encore)
Certes très fidèle à l'univers de l'ex-chanteur de Savatage (violon grinçant, clochettes macabres, guitares lourdes et tranchantes), « Death Is Just A Feeling » surprend, déroute mais sans finalement séduire. A partir de là, accablé par ce rendez-vous manqué, je vais écouter les morceaux se succéder, sans déplaisir mais sans conviction. Alors c'est vrai qu'ils offrent tous de plus ou moins bons moments (on ne naît pas sous la plume de feu de Tobias Sammet sans réchauffer un tant soit peu le coeur de l'auditeur), mais aucun ne parvient jamais à s'éléver jusqu'aux sommets olympiens de The Wicked Symphony, le comble de la déception étant atteint avec le maladroit recyclage de « Promised Land », titre excellent mais déjà édité sur le EP « Lost In Space Part 2 » et dont a été « effacée » la prestation de Michael Kiske. Exceptions notables tout de même : l'envoûtant « Symphony Of Life », étrange mélange de guitares râpeuses, de majestueux choeurs d'opéra, de claviers dissonnants et de douce voix féminine (Cloudy Yang), et le final « Journey To Arcadia », à la fois mélancolique et emphatique.

En bref : un rendez-vous manqué, mais pas exempt de bons, voire de grands moments ; et le plaisir toujours intact de retrouver tous ces grands noms du métal aux côtés du superhéros Tobias Sammet.

samedi 19 juin 2010

QUESTIONNAIRE DE PROUST : Rock Hard Magazine

A l'occasion de la sortie de son numéro 100, Rock Hard a soumis toute l'équipe du magazine (19 personnes) à un questionnaire de Proust orienté Metal. Je me suis proposé (et j'ai accepté) de le remplir à mon compte : 
  Date de naissance métallique : En seconde (1992-1993), je regarde en boucle mon film préféré du moment : "Young Guns 2" ; je craque sur les chansons de générique de fin, moins pour leurs qualités que pour leurs références au film : "Blaze Of Glory" et "Billy Get Your Guns" écrites et chantées par un inconnu dans mon monde : Jon Bon Jovi. 
  Premier disque acheté : Après des 45 tours de génériques de dessins animés (Albator, Ulysse 31, Goldorak...) que je ne me souviens pas avoir demandés (ce que j'ai pourtant certainement fait), c'est "Je te donne" en 45 tours par Goldman/Jones que je réclame à mes parents. Même si, en vrai, avant, j'avais beaucoup attendu la sortie des nouveaux 33 tours de Chantal Goya, "Le soulier magique" en particulier.
  Premier disque de metal acheté : Yves-Marie me prêtant tous ses albums en K7 pour que je les copie, je dirais New Jersey de Bon Jovi en K7 acheté à Tacoma (Nantes). 
  Premier concert et premier concert metal : Pas de concert pour les Chouard, mon père déteste la foule, je ne suis donc jamais allé enfant à un concert. Alors le premier, c'est Savatage à la Locomotive (Paris) en juin 1996. 
  Première fringue metal : le T-Shirt "Keep The Faith" de Bon Jovi 
  Collection extra-musicale : les guitares miniatures et les figurines de séries/films/comics 
  Meilleur disque des années Rock Hard (2001-2010) : The Wicked Symphony de Tobias Sammet's Avantasia (avril 2010) [BONUS : Mes meilleurs disques des années Rock Hard par année : 2010 : The Wicked Symphony, de Tobias Sammet's Avantasia 2009 : Revolve, de Danger Danger 2008 : The Scarecrow, de Tobias Sammet's Avantasia 2007 : Gambling With The Devil, de Helloween 2006 : Bat Out Of Hell III - The Monster Is Loose, de Meat Loaf/I'm Not Dead, de Pink 2005 : Lipservice, de GottHard 2004 : / 2003 : Rabbit Don't Come Easy, de Helloween 2002 : X, de Def Leppard/Once More With Feeling, de Joss Whedon & Buffy Cast 2001 : No World Order, de Gamma Ray] 
  Meilleure couv' de Rock Hard : pour l'événement : n°72, Michael Weikath et Kai Hansen enfin réunis ; pour la plus belle photo officielle : n°86, Mötley Crüe ; pour la plus belle photo originale : n°3, Gamma Ray. 
  Pire couv' Rock Hard : n°73, parce que une couv' Avantasia méritait une plus belle photo. 
  Qui j'aimerais voir en couv' Rock Hard et qui n'y a jamais figuré : Savatage 
  Héros : Winslow Leach, Rocky Balboa, "Harmonica", Sam Beckett, Darth Vader 
  Héros musicaux : Tobias Sammet, Jon Bon Jovi, Jean-Jacques Goldman 
  Pire concert de tous les temps : Helloween (tournée Rabbit) en première partie d'Iron Maiden (tournée Dance Of Death), parce que les deux groupes jouaient le même soir à Paris sans tourner ensemble, qu'ils ont sensiblement le même public et que Helloween n'avait aucune chance face au géant de Fer. Résultat : que des morceaux période Kiske chantés par Deris. 
  Plus chouette split : Masterplan et Jorn Lande : comme ça, Jorn Coeur de Lion a le temps de chanter sur la moitié des titres de The Scarecrow et The Wicked Symphony/Angel Of Babylon, et de toute façon, il revient dans Masterplan en 2010 ! 
  Il me manque : Criss Oliva, Ingo Schwichtenberg, Michael Kiske 
  Le groupe que j'inviterais à mon mariage : Avantasia au complet, et Michael Kiske serait là à la fin ; Savatage le vrai (Jon Oliva + Chris Caffery + Steve Wacholz + Johnny Lee Middleton + Zak Stevens - Al Pitrelli qui resterait chez lui), et ils pleureraient tous à la fin ; Helloween le vrai (Michi + Weiki + Kai + Markus + Uli pour remplacer Ingo), et ils se foutraient tous sur la gueule à la fin 
  Chanson pour mes funérailles : "Another Day" de Dream Theater 
  Disque qui résume le mieux Rock Hard : Use Your Illusion, un peu de bric, un peu de broc, beaucoup de passion, et des sales gosses qui réalisent leur rêve 
  Meilleurs souvenirs d'interviews lues : n'importe laquelle avec Tobi ; Weikath et Hansen qui se déclarent leur respect et leur manque l'un de l'autre 
  Pires souvenirs d'interviews lues : Kotipelto et Michael qui crachent sur Tolkki (refaites donc un Episode sans lui et on verra) ; Paul DiAnno qui éructe sa haine de Steve Harris (Paul, c'était il y a trente ans)

lundi 19 avril 2010

LISTE D'ATTENTE POUR L'ALBUM A EMPORTER SUR UNE ILE DÉSERTE

Je fais donc partie des heureux et chanceux qui savent quel disque emporter sur une île déserte (et je sais aussi quel film emporter ; il ne me manque que le livre) : encore et toujours The Wicked Symphony par Tobias Sammet's AVANTASIA.
Mais avant que cet album ne fasse taire les querelles, quelques disques se disputaient autrefois cette place :



1. SAVATAGE : Streets A Rock Opera
C'est l'apogée de la collaboration entre le producteur/auteur Paul O'Neill et les frères musiciens/compositeurs Oliva. Porté par les multiples voix du majesteux Jon et illuminé par la guitare enchantée de Criss, Streets est un immense album de metal, profond et touchant.






2. THE WHO : Tommy
Pierre philosophale d'un rock ambitieux, carré et sophistiqué, Tommy est le chef d'oeuvre d'un groupe au coeur de la tourmente de son génie et de sa folie.









3. BON JOVI : New Jersey
Moins sucré et moins "sales gosses" que Slippery When Wet, New Jersey revendique ouvertement l'héritage de Bruce Springsteen ("Blood On Blood", "Stick To Your Guns") et livre des titres rock parfaitement maîtrisés par une paire Jon Bon Jovi/Richie Sambora au sommet de son amitié commerciale ("Born To Be My Baby", "Wild Is The Wind")






4. JEAN-JACQUES GOLDMAN : Entre gris clair et gris foncé
Sur la face A, un premier album parfait, suite logique du déjà très réussi Non homologué ; les plus belles compositions de Goldman sont là : "Tout petit monde", "Là-bas", "C'est ta chance" et l'inoubliable "Puisque tu pars". Mais le songwriter n'en reste pas là : il livre en face B un deuxième album, plus intime, plus nonchalant, plus acoustique, qui annonce le crépusculaire En passant.






5. DEF LEPPARD : Adrenalize
La mort de Steve Clark a fait tomber sur les compositions et l'enregistrement d'Adrenalize un crépuscule inattendu dans la musique du Léopard Sourd. Après la lumineuse sophistication de Hysteria, Adrenalize cherche à surmonter le deuil et vêt chaque titre, des plus bondissants ("Let's Get Rocked", "Make Love Like A Man") aux plus déchirants ("White Lightning", "Tonight") d'une douce tristesse résignée.





6. PINK : I'm Not Dead
A l'exception de "Stupid Girls", premier single trop calibré pop-party, I'm Not Dead est une collection de perles d'un rock à la fois sauvage et mélancolique, à l'image de leur auteur/interprète farouche et fragile.
A suivre

mardi 13 avril 2010

AVANTASIA : The Wicked Symphony Cast

R a l f Z D I A R S T E K
as the sheltering and healing aspect of fury

K l a u s M E I N E
as a glorious possible future of the scarecrow

R u s s e l l A L L E N
as inspiration

T i m O W E N S
as fury



A n d r e M A T O S
as acedia

lundi 12 avril 2010

AVANTASIA : The Wicked Symphony/première écoute

Alors il faudrait peut-être laisser s'estomper l'exaltation de la première fois (mais j'en doute, la deuxième et la troisième m'ayant pareillement fait éclater les oreilles et le coeur), mais à première écoute, c'est bien lui : The Wicked Symphony est l'album de ma vie. Celui à emporter sur une île déserte, Fabrice.
J'ai cherché cette perfection sur les disques de Savatage (Streets, pour les paroles de Paul O'Neill, la Charvel de Criss Oliva, le piano et la voix de Jon Oliva, puis sur Handful Of Rain, pour les chants en canon de Zak Stevens et la guitare tronçonneuse d'Alex Skolnik), cru un moment la débusquer sur les rock operas de Trans Siberian Orchestra (pour les multiples vocalistes), failli mettre un terme à ma quête avec Helloween (The Dark Ride pour le speed metal mélodique sombre et inspiré) et/ou Gamma Ray (Land Of The Free pour le concept-album et les pistes qui s'enchaînent sans pause), été convaincu de l'avoir enfin trouvée sur The Scarecrow.
Jusqu'à ce Wicked Symphony.
L'album de ma vie.

Sur un prochain post : la liste des albums qui ne seront pas emportés sur l'île déserte, à cause de lui.

dimanche 11 avril 2010

AVANTASIA : The Wicked Symphony/Angel Of Babylon (The Scarecrow : Part 2 & 3)

Il est arrivé ! Commandé sur Amazon un mois avant la sortie (je ne fais jamais ça, c'est dire que je l'attendais), compte à rebours mental toutes les douze heures (limite : je faisais un trait chaque soir sur la tête du lit), retardé à la Poste par ce stupide lundi de Pâques, ma Deluxe BoxSet AVANTASIA The Wicked Symphony/Angel Of Babylon est enfin là : 120 minutes de musique, des guest stars dont je n'aurais pas osé rêver sur un même album (Jon Oliva et Michael Kiske, mes deux meilleurs chanteurs de cet univers et des autres, sont là tous les deux, ensemble pour la première fois de l'histoire de cet univers et des autres (sauf sur l'album imaginaire de mon groupe imaginaire (dont tu es lead guitariste, Yves-Marie, au fait ; mais je t'en parlerai dimanche prochain))), et une impatience telle que je ne l'ai sorti de son carton Amazon que trente-six heures après l'avoir reçu, pour permettre à mon rythme cardiaque de s'apaiser.
Bref, The Wicked Symphony/Angel Of Babylon est mien, et, promis, je l'écoute dès que mon coeur pourra le supporter...

samedi 10 avril 2010

AVANTASIA : The Scarecrow

Tobias Sammet's
AvantasiA
The Scarecrow
Produced by
Tobias Sammet and Sascha Paeth
All music composed and lyrics written by
Tobias Sammet