lundi 15 août 2016

MON HELLFEST 2016 : Jour 3

Troisième jour, troisième costume : à force de détailler les patchs de groupes sur les dos dans les files d'attente, j'ai fini par me laisser (re)séduire par cet uniforme de l'armée régulière du Hellfest et je porte aujourd'hui ma veste en jean sans manches (et, pour l'instant, sans patchs!), en réfléchissant déjà aux couleurs des groupes que j'y arborerai en 2017. Deux certitudes, déjà : 1) le patch géant BON JOVI FOREVER, acheté et cousu au lycée et décousu à l'âge de trouver ça naze d'avoir des patchs; 2) le patch HELLFEST que Fabrice vient de m'offrir (en même temps que ceux qu'il s'est acheté pour lui!). Et peut-être aussi un patch Blind Guardian, le groupe qui va nous ouvrir ce troisième jour, à 17h45.
Même file d'attente que les autres jours, mais cette fois, on a pris une (vraiment très) bonne marge, puisqu'on arrive aux portes de la cathédrale à... 15h00! Ce qui laisse le temps d'aller une dernière fois au Market pour voir ce qu'ils ont... comme patchs, bien sûr!
Chez un vendeur spécialisé au langage non identifié (du hollandais, pense Fabrice), je suis tenté par un Def Leppard, un Mötley Crüe, un Nightwish, mais le vendeur prend un temps fou à servir la fille devant moi, tout occupé qu'il est à farfouiller dans ses stocks d'une main et tripoter les fesses de sa nana de l'autre, tout en baragouinant des trucs incompréhensibles (et probablement cochons, à en juger par les gloussements/yeux-au-ciel de sa partenaire).
Je finis par rendre les armes et je décide de revenir plus tard.
Ce que je ne ferai pas, puisque je trouve encore mieux plus loin : deux badges metal en métal (ah ah), un Twisted Sister, et surtout, un Savatage, pour lequel le vendeur s'enverra à lui-même un "Oh, putain!" admiratif, tout épaté de disposer d'un tel joyau à vendre. Une petite conversation ensemble plus tard, qui nous emmènera jusqu'au Wacken 2015 qui a vu la réunion déjà historique du 'Tage et de TSO sur une même scène (Non, connard, j'y étais pas), on retrouve Yves-Marie pour Blind Guardian, que je vais enfin voir, et pour la première fois (difficile désormais d'avoir des premières fois au Hellfest, tant les affiches commencent à se ressembler d'année en année).
Une bonne foule, pas très dense, mais de connaisseurs, comme on le verra plus tard, nous permet de bien nous placer devant la scène décorée d'un backdrop aux couleurs fantasy du dernier album mais sans nom de groupe, preuve que Blind Guardian fait une confiance totale à sa musique pour convaincre (et attirer les curieux, nerf de la guerre des festivals). Cette impression d'assurance et de sagesse est confirmée par les jeans/chemises, noirs et sobres, des deux guitaristes Siepen & Olbrich (le batteur Frederik Ehmke est hors concours, il est torse poil!) qui entrent en scène sur l'intro, majestueuse et menaçante comme une cathédrale, de "The Ninth Wave", le morceau de bravoure qui ouvre déjà le dernier album Beyond The Red Mirror. Les chœurs d'église ("Discordia, discordia"), probablement samplés, sont quand même doublés par les deux guitaristes pour un effet très réussi, avant l'arrivée de Hansi Kürsch, même jean/chemise noirs que ses acolytes, qui lance véritablement les hostilités avec cette voix si caractéristique, aussi inimitable sur scène que sur disque.


Et c'est parti pour une heure de power metal médiéval sophistiqué (disons PMMS pour simplifier ;), avec une setlist très bien balancée, entre nouveauté ("Prophecy"), surprise ("Script For My Requiem") et grand classique - "The Bard's Song", pour laquelle le chanteur demande à tous de s'asseoir comme pour une réunion mystique, et, les con(naisseur)s osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît, ils le font! Ou, plus exactement, à un moment donné du morceau, comme un signal tacite et connu de tous (sauf des ploucs comme nous, qui ne sommes finalement pas des connaisseurs), font mine de s'asseoir et se redressent lentement en une prière collective digne d'une secte (et qui nous changent agréablement des furieux wall of death à la Bravehart).
Rien à dire, ces mecs assurent comme des Dunedains.
Changement de scène pour attendre MegaDave et sa bande de mercenaires thrashers, qui vont "vendre la paix" à 20h45 (mais personne n'achètera!).
Mais en attendant, après les tauliers de Slayer (cinquième participation au Hellfest, quand même), ce sont les Vikings impitoyables d'Amon Amarth qui prennent d'assaut la mainstage voisine, et les magnifiques éléments de décor (deux proues de drakkar en forme de dragon) ne peuvent pas faire oublier que la musique de ces braves barbus est indigeste comme un tonneau d'hydromel frelaté. Dommage, parce que ces ours hirsutes sont plutôt sympathiques, dans un genre troll ensorcelé de Lanfeust de Troy ;)


On en profite donc pour jouer à notre jeu de patience préféré : le jeu des 20 questions spécial groupes de metal. Le principe : je pense à un groupe, tu cherches à le deviner en ne posant que des questions oui/non. Le plus tordant étant évidemment de dégotter les groupes les plus farfelus, les plus obscurs, les plus ridicules, les plus inattendus, les plus débiles. Sachant qu'il faut jouer avec des gestes, puisque les grosses brutes poilues d'Amon Amarth ne laissent pas de place au son. Mention spéciale à la devinette Trans-Siberian Orchestra, groupe de christmas metal, une dizaine de chanteurs, un narrateur, deux violonistes électriques, deux ou trois pianistes, autant de guitaristes, plus les frais : à la question, "Est-ce qu'ils sont cinq (Def Leppard?) ? Quatre (Mötley Crüe?) ? Six (Iron Maiden?) ? Trois (WASP?) ? Un (Alice Cooper?) Huit (Guns N' Roses?)", on se marre comme jamais quand on arrive à vingt-cinq ! Fabrice ne joue pas, et finira même totalement désœuvré, couché dans l'herbe au milieu des rangers poussiéreuses et des mollets en bas résille. Pas facile, c'est sûr, de participer à un jeu Mahie/MatFall mille fois joué, truffé de private jokes et de fous-rires vieux de vingt ans, toujours en attente d'exploser.
On finit littéralement plié en deux, les larmes aux yeux, les abdos qui crient grâce, on n'arrive même plus à enchaîner, le moindre mot nous relance, même Metallica nous ferait marrer (et pourtant, c'est pas des rigolos, pardon, Anne).
On en pleure encore quand Megadeth déboule, pour un "Hangar 18" furieux. Pas de single à la con avec Dave Mustaine, même avec un nouvel album dans l'ampli (dont il jouera quatre titres quand même, on n'oublie pas le business), on attaque en force, sans faire de prisonniers, avec un titre de 1990, qui n'a pas pris une ride.


Mes yeux sont rivés sur le "nouveau", dont l'arrivée a fait beaucoup parler, tant son univers semblait éloigné du thrash tourmenté de Megadeth. En effet, à la deuxième guitare (c'est Mustaine qui tient la première, sa célèbre Dean, aujourd'hui aux couleurs de "Rust In Peace"), c'est le beau gosse Kiko Loureiro, fondateur et (toujours) guitariste d'Angra, dans lequel il envoie des volées de speed mélodique, et non des bûches de thrash. Même si je n'étais pas vraiment inquiet, tant il assure à la maison, je suis quand même ravi de voir qu'il est à sa place, à l'aise. et pas du tout sur la réserve aux côtés du frontman roux et caractériel (mais c'est vrai qu'il est dans le groupe depuis déjà un an et qu'il a participé à l'enregistrement du dernier album).


Une rareté dès le troisième titre, un "Tornado Of Souls" dédié au batteur Nick Menza, décédé sur scène quelques semaines plus tôt, et un "She-Wolf" destructeur (ma chanson préférée de Megadeth) aussitôt après. Pas de doute, ça va chauffer !
Si Mustaine a pris un coup de vieux et a l'air moins content d'être là que la dernière fois (en 2012), on s'en fout, les classiques ne manquent pas, du bien lourd "Sweating Bullets" au culte "A Tout le Monde", qui fait cette fois encore des ravages sur le sol français. Des surprises, aussi, comme à chaque fois (en 2012, c'était un "Angry Again" des enfers qui nous avait scotchés) : là, on a droit à un "Trust" toujours un peu controversé, mais qui séduit Fabrice (qui n'en revient pas lui-même ;), et à un "Symphony Of Destruction" dévastateur. Mais c'est évidemment l'intro légendaire de "Peace Sells" qui met tout le monde d'accord : un véritable cri de guerre accueille la ligne de basse la plus connue du metal (ce qui doit faire enrager Steve Harris, non ?), jusqu'à ce que les fougueux "Peace sells/But who's buyin'", martelés par une foule conquise, deviennent l'hymne de ce dernier jour (ce qui va faire enrager Ozzy Osbourne, non ?)

On reste en place pour attendre Black Sabbath, que perso, j'avais un peu l'intention de regarder de loin, mais sans quitter le site non plus, pour laisser Fabrice communier dans sa messe noire avec les Papys du Metal. Finalement, je reste, en grande partie pour rendre à Fabrice l'effort qu'il a fourni en suivant Megadeth jusqu'au bout (ce qu'il a fait sans déplaisir, alors qu'il s'attendait à détester comme en 2012, quand le son dégueulasse qui empêchait de reconnaître les morceaux et le temps dégueulasse qui empêchait de profiter du spectacle, avaient eu raison de lui).
Mais avant Ozzy et sa bande, c'est Ghost qui prend possession de l'autre mainstage, tout auréolé (ah ah, encore) de son incroyable succès en 2013, où il avait été propulsé en dernière tête d'affiche mainstage (pour remplacer Danzig qui était allé jusqu'au bout de sa réputation de gros con, en exigeant de jouer plutôt sous la Valley) et avait laissé tout le monde (dont pas moi, je n'y étais pas) sur le cul bénit.
On est donc tous là, cette fois, y compris les fans du Sabbath qui gardent les positions mais ne perdront pas une miette de l'autre messe de la soirée.
L'étrange musique de Ghost, sorte de rencontre d'outre-tombe (mais pas si improbable) entre David Bowie et Rammstein, est inclassable mais ne manque pas de charme, avec ses mélopées envoûtantes très seventies, ses riffs majestueux, ses éclairages clair-obscurs d'église, ses solos lumineux, pour une ambiance de noir recueillement, entretenue par le maître de cérémonie Papa Emeritus III, impérial de grâce loufoque et de bienveillance perverse, professant aussi dignement la jouissance mutuelle ("Come Together") que la communion avec des nonnes innocentes (les fameuses "Sisters Of Sin", avant "Body & Blood").


Le show se termine par un (et finalement deux) coup de maître : le chœur d'enfants, d'abord, que nous attendons tous, puisque Ghost a créé l'événement en demandant aux organisateurs de "recruter" une chorale locale pour les accompagner sur "Monstrance Clock". C'est donc les kids de l'école de musique Artissimo de la Vallée de Clisson, soit vingt-cinq enfants de 11 à 13 ans, qui apparaissent sur scène pour le final et qui auront bien mérité leur T-shirt HellFest Crew avant d'aller au lit. Alors, ça peut faire sourire, ou même grincer des dents (ou faire hurler d'horreur Provocs-Hellfest-ça-suffit), mais perso, je trouve que ça a bien pris, d'autant que le feu d'artifice (deuxième coup de maître) qui me prend complètement par surprise, vient confirmer cette impression de plénitude rock 'n roll, et empêchent les questions d'adulte responsable (mais qu'est-ce que ces gosses font là, à cette heure-ci, à chanter la jouissance partagée pour le fis de Lucifer?) de trouver dans ma tête leur voie... impénétrable, évidemment.
A voir, pour se faire une idée, en vidéo officielle (clic sur l'image) :


Après cette grand messe parfaitement maîtrisée et délivrée, les vétérans de Black Sabbath n'ont qu'à bien se tenir à leur déambulateur. Parce qu'il va falloir sans doute plus que leur légende pour convaincre.
Convaincre ?
Tu parles.
Quand Tony Iommi, croix en pendentif, petites lunettes colorées, bouc de mousquetaire au menton, fait sonner sa Gibson SG de gaucher, qu'on aime ou pas, on est obligé de la fermer : ce type est un monument. Alors, bon, Ozzy commence un peu dans la choucroute, en chantant "Black Sabbath" qu'à moitié juste (même pour moi, qui ne connaît pas le morceau), mais il se recale petit à petit en cours de set pour finir, eh bien, pas si mal que ça. J'ai même lu un chroniqueur affirmer qu'il n'avait plus entendu Ozzy chanter aussi bien depuis longtemps. Un bon soir pour les futurs retraités, donc. Et, d'après Fabrice et Yves-Marie, une bonne setlist, qui se termine bien sûr par le mythique "Paranoid", bienvenu, mais qui rate le titre d'hymne de cette dernière journée, trop contesté par les pointures, plus en forme, qui l'ont enflammée.


samedi 30 juillet 2016

MON HELLFEST 2016 : Jour 2

Retour en début d'après-midi pour une deuxième journée un peu plus chargée que la première. Changement de costume aussi : après le T-shirt Nightwish Hellfest Clisson 2015 arboré hier et acheté l'année dernière au merchandising officiel (qui proclame à grand cris "J'y étais!" ; on s'est d'ailleurs reconnu hier matin au même stand avec un festivalier arborant les mêmes couleurs), aujourd'hui, c'est haut-de-forme, veste croisée à boutons dorés et... débardeur Hellfest 2014 ("J'y étais!").
Malheureusement, et malgré mes espoirs que l'attente soit moindre qu'au matin du premier jour, les faits sont là, et la file d'attente aussi. Moins dense, moins longue, mais quand même sacrément emmerdante. En plus, on se démerde mal avec Fabrice, on est placé derrière une bande de pas-pressés qui se laissent doubler dans la masse, et on se retrouve au couloir de ganivelles cinquante personnes derrirère les chevelus qui nous talonnaient au départ. Comme dira plus tard Yves-Marie : "il faut se mettre derrière des filles, il y en a moins, elles passent plus vite la fouille." Oui, sauf qu'on n'y a pas pensé et qu'Yves-Marie est arrivé avec sa tactique cinq minutes plus tôt, a dix mètres d'avance dans la file, entre donc sur le site quinze minutes avant nous et ne rate pas comme moi la première chanson du set de Sixx A.M. ("This is Gonna Hurt", un super choix de morceau d'ouverture).
Heureusement, après la fouille et un sprint, je me place dans la foule pas très compacte et ne manque rien du reste de ce choix ultra pro, hymnes fédérateurs d'american rock trop bien foutus, en particulier les extraits du dernier album, que je ne connais pas trop, mais qui claquent bien comme il faut sur scène (un "Pray For The Damned" du feu de Dieu) - merci à un son impec qui permet d'écouter et de découvrir, plutôt que de s'arracher les oreilles à essayer de reconnaître. Et ce sera vrai pour toute la journée, comme hier, et demain aussi : cette édition 2016 s'écoute très (très très) fort (impossible de s'entendre, même à la porte du "Kingdom of Muscadet", à deux cent mètres des scènes), mais très très bien.
Même les titres que je n'écoute pas vraiment sur disque me bluffent ("Lies Of The Beautiful People"), et le single "Stars" balaie tout sur son passage. James Michael a la classe américaine, Nikki Sixx cache ses rides sous un maquillage Apache-du-Futur du plus bel effet, D.J. Ashba, hiératique comme un samouraï, donne une leçon à tout le monde, et personne ne connaît le batteur (normal : sur disque, Michael chante, gratte la rythmique, écrit, produit, arrange, et... cogne les fûts. Vous avez dit "surdoué"?).


Après cette bonne claque, qui me laisse chantant et sautant sur place jusqu'à la première bière, on retrouve Yves-Marie, la tête dans les "Stars" de Sixx A.M. aussi, avant de se replacer pour regarder de loin Foreigner, dont je n'attends que le "I Want To Know What Love Is", sans illusion : ce sera la dernière, ça risque d'être un peu long.
Eh bien,  pas du tout : alors qu'il fête ses quarante ans cette année, Foreigner n'est pas du tout un groupe de salle des fêtes, et assure un show énergique et sans temps mort (avec trois guitaristes, quand même). Alors, bien sûr, il ne reste plus du "vrai" groupe que le guitariste Mick Jones, mais le chanteur Kelly Hansen (aucun lien, il est fils unique), avec ses faux airs de Steve Lee, assure grave, et les autres (dont personne n'a rien à foutre, honnêtement) font du bon boulot aussi. Et puis, finalement, il n'y a pas que "I Want To Know What Love Is" ! Fabrice est tout surpris de reconnaître un titre sur deux ("Hé ! Ça aussi, je connais, et j'aime bien aussi !"), et "Juke Box Hero", que j'avais oublié, fait son petit effet.
Et quand arrive enfin LE hit, on est tous à bloc, et Hansen n'a qu'un mot à dire pour qu'on se retrouve tous épaule contre épaule, enlacés comme des Irlandais au bar un soir de victoire au rugby, Fabrice, Yves-Marie, son pote et moi, à chanter notre désir de connaître l'amour. Je démarre trop tôt ("I gotta take a little time") et ça fait bien marrer la milf devant moi (soit parce que je chante assez bien pour ne pas lui gâcher son moment, soit parce qu'elle s'en fout du moment (on est quand même aux derniers des derniers rangs, pas trop de die-hard fans en vue), soit parce que je n'ai déjà plus de voix (avec les bouchons d'oreille, je ne m'entends pas). En tout cas, tout le site fait sa part, et le hymne du Hellfest 2016 est là.


Deuxième bière, et on revient pour Within Temptation, pas trop tard pour être bien placé, parce que Sharon Den Adel sera belle et bien habillée (et oui, aussi, elle chante merveilleusement bien : si on veut seulement les deux premiers, on va voir Alissa White-Gluz d'Arch Enemy, mais dans un autre genre (genre grunteuse steam punk).
En attendant, c'est Disturbed sur la scène d'à côté, et... comme d'habitude, ce n'est pas du tout ce que je croyais, et comme le son est géant, on peut écouter, et découvrir, et trouver ça... moyen. Je suis quand même cueilli par cette reprise aussi inattendue que frissonnante du "Sound Of Silence" de Simon & Garfunkel, mais c'est surtout quand David Draiman appelle ses potes de Sixx A.M. qu'il se met tout le monde dans la poche, pour un "Shout At The Devil" d'anthologie, forêt de bras levés et refrain scandé à pleins poumons par un site déchaîné ("Shout! Shout! Shout!") : le deuxième hymne du Hellfest 2016 (même pas une heure après le premier!). Et quand Draiman remet ça avec Glenn Hughes pour "Baba O'Reilly" (On est entre connaisseurs, personne ne lâche sérieusement : "Hé ! C'est "Les experts"!), c'est carrément du délire, et je me retrouve à attraper les épaules du vieux rocker à mes côtés pour beugler notre "Out Here In The Fields ! I Fight For My Meals !". Après ça, on attend quasiment un "Whole Lotta Love" avec Joe Satriani en guest, mais c'est un "Killing In The Name" ultra fédérateur qui déboule (mais qui me laisse un peu plus tiède, moins fan que je suis du rap/funk/punk/metal de Rage Against The Machine (qui sent la tête d'affiche pour 2017, non ? À voir la réaction du public aujourd'hui, ça paraît une bonne idée, en tout cas (pour les organisateurs, je veux dire, bof pour moi (je sens qu'Anne va encore m'engueuler en lisant ça ;)))


Encore quelques "vrais" titres de Disturbed ensuite, qu'on écoute maintenant avec plus d'attention, et qu'on trouve cette fois... encore moyens, et c'est l'heure du metal symphonique gracieux de Within Temptation.
Sans album à promouvoir ("Hydra" date de début 2014), WT joue sans autre contrainte que faire plaisir au public (et éventuellement vendre quelques exemplaires supplémentaires de leur disque live sorti l'année dernière ;) et attaque avec un titre d'un album que je ne connais pas, mais comme Sharon est belle et bien habillée (et que le son est, encore une fois, très bon), j'écoute et j'attends la suite. Et quelle suite ! Trois titres pour moi ("Je t'ai grillé à bien connaître", lâchera un Yves-Marie goguenard), dont le toujours surprenant "And We Run" avec le guest rappeur Xzibit, pas là pour de vrai, WT s'étant fait une spécialité des guests projetés sur écran géant en fond de scène (pour un effet pas toujours réussi, d'ailleurs).
Sauf quand arrive le très attendu "Paradise (What About Us?)", puisque Tarja Turunen, en guest sur la version studio, joue le lendemain sur cette même scène, et que le Facebook de WT n'a pas trop laissé de doute sur l'"apparition-surprise" de la ex-diva de Nightwish. À tel point que Sharon Den Adel ne trouve pas vraiment les mots pour l'annoncer, hésitant entre le "Vous-l'attendez-tous" et le "Devinez-qui-voilà!". Résultat : un vieux blanc, et une entrée un peu ratée pour Tarja. Ceci dit, même si la chanteuse de WT avait bien géré le coup, Tarja se serait très bien débrouillée toute seule pour saloper son arrivée, puisqu'elle reste la frontwoman empotée qu'elle a toujours été, sourire niais et coucous de cour de récréation. Heureusement, elle chante comme une reine (dans un genre cantatrice d'opéra que je trouve insupportable) et emporte bon gré mal gré l'adhésion du public. Joli coup quand même pour WT, qui crée l'événement, mais mauvais coup pour Tarja, que je n'irais finalement pas voir demain, découragé d'avance par ses envolées vocales de Castafiore.


On reste en place pour ne rien rater de Twisted Sister, qui jouera sur la même scène dans une heure et quelques, et on craque une oreille vers Bring Me The Horizon, le groupe de djeunes de la journée (plus d'ados aujourd'hui sur le site que d'habitude, comme pour Papa Roach en 2013), qui envoie avec fougue son metalcore qui décoiffe (et qui ne m'intéresse pas trop).
Le soir tombe, et le fameux "It's A Long Way To the Top (If You Wanna Rock n' Roll)" d'AC/DC annonce comme toujours l'entrée en scène de Twisted Sister, sur des images d'archive hautes en couleurs, qui font monter la pression dans une foule déjà chauffée à blanc. C'est que Twisted Sister s'apprête à donner là son ultime show en France, promis-juré, après c'est fini, mais pas fini comme Judas Priest (qui annonce un nouvel album aux premières dates de la tournée d'adieu) pas fini comme Scorpions (qui prolonge sa tournée d'adieu depuis... cinq ans et deux nouveaux albums studios), ou comme Ozzy (qui annonce sa retraite depuis 1991, quand même). 
Trêve de médisances, Twisted Sister n'est pas du genre à jouer les faux départs, ils tournent depuis trente ans avec seulement cinq albums dans la poche, sortis entre 1982 et 1987 (plus six best-ofs!), et donnent à chaque fois un pur moment de délire rock n' roll, avec son diable de frontman Dee Snider et ses hymnes à la gloire de leur (et notre) musique chérie ! Jugez plutôt : "You Can't Stop Rock n' Roll", "I Wanna Rock", "I Believe In Rock n' Roll", et surtout le phénoménal "We're Not Gonna Take It", que le géant blond annonce, après nous avoir fait chanté à pleins poumons, par un "I think they're ready" déjà mythique. 
Comme en 2013, à la fin du morceau, déjà rallongé à plaisir par un Dee Snider qui ne s'en lasse apparemment pas, le public en veut encore et encore, on relance le refrain, mais on rate le coche ce coup-ci en ne démarrant pas tous ensemble, et Dee Snider lui-même est obligé de recaler les troupes ("Well, that's a little uneven."). En 2013, c'est bien le public qui avait donné le tempo et le groupe avait enchaîné! Dommage, mais tellement fun de toute façon ! Encore un "I Wanna Rock" fou furieux, et une surprise nous tombe dessus : le chanteur se fait soudain humble (et c'est une entreprise qui demande de l'envergure, quand on est un tel monstre de scène) et appelle à ses côtés le vétéran Phil Campbell, guitariste légendaire de Mötorheäd, pour un "Shoot 'Em Down" dédié à Lemmy Kilmister. C'est alors un moment assez étrange qui se déroule sous nos yeux, les yeux étant tous braqués sur le petit guitariste (par la taille!), un peu embarrassé de la présence écrasante des sauvages Sisters, qui se font tous le plus sage possible (Mendoza en arrête même de claquer la gueule de son manche de basse), mais brillant d'une aura mélancolique très émouvante. Plus à l'aise sur le fondamental "Born To Raise Hell" de Mötorheäd, Phil Campbell finira sous les acclamations qu'il mérite, et qu'il reçoit autant pour sa prestation que pour son statut de frère d'armes survivant de Lemmy.


Le feu d'artifice-hommage au chanteur disparu quelques mois plus tôt arrive alors à point nommé et ce sont 50 000 personnes qui pleurent leur metal hero de la seule façon possible : en beuglant "Ace of Spades" comme des ânes désespérés. Pourtant, le moment le plus touchant est encore à venir. Après le magnifique "RIP Lemmy" en lettres de feu, la foule reprend ses esprits et a commencé à se disperser, quand une voix d'outre-tombe s'élève timidement sur le site. 
Il me faut quelques secondes (et un mouvement de foule tout en douceur) pour comprendre qu'elle provient de la main stage encore plongée dans la pénombre du feu d'artifice. Quelques lumières de scènes, un projecteur respectueux, et Phil Campbell apparaît, au milieu des roadies de Twisted Sister qui s'arrêtent bientôt de démonter le set, et comme nous, s'approchent pour écouter un homme pleurer son copain.
Et je pleure avec lui.
Après ça, Korn peut bien aller se faire foutre.
A demain.


SOIRÉE CINÉ 2 FILMS (5) - concept "De Niro en 1995 dans des films de 3 heures"

1) Casino, de Martin Scorsese (1995)
J'avais adoré Casino à sa sortie, De Niro et ses costumes multicolores, veste vert pomme sur chemise et cravate orange, Pesci et ses coups de téléphones au travers de la gueule de ceux qui l'emmerdent, Sharon Stone bonne actrice sans montrer sa culotte, Scorsese et sa mise en scène épique et nerveuse, les explosions de sauvagerie, les éclats de noirceur, l'autopsie quasi documentaire de la machine à fric sale de Las Vegas, la bande-son classic rock seventies sans faute, c'était tout bon, je l'ai vu et revu je ne sais combien de fois, avec le même plaisir coupable, coupable de finalement bien aimer cette bande de dégénérés du flingue, du cœur et du pognon.
Mais pas cette fois.
OK pour l'épopée sanglante et malfaisante des Ritals dans le désert, OK même pour la violence professionnelle et crue, mais la brutalité sèche du couple Rothstein m'a vraiment dérangé. Pas parce que c'est mal mené (même s'ils se malmènent l'un l'autre ;), au contraire, De Niro et Stone sont stupéfiants de justesse, qu'ils jouent l'attirance, la méfiance, la soumission, la répulsion, la trahison, la colère, le répit, l'abandon, ils sont parfaits. Tellement parfaits qu'on voudrait que ça s'arrête, ou qu'ils commencent à s'entre-tuer pour de vrai (mais j'ai regardé les deux Kill Bill à la suite hier, alors c'est peut-être pour ça ;)
Pareil pour Nicky Santoro (Joe Pesci), qui, du haut de son mètre cinquante de vanité, de grossièreté et de fureur, ne m'a pas cette fois fait (avoir honte de me) marrer comme avant, mais il m'est plutôt apparu comme la petite frappe sans cervelle et sans honneur qu'il est.
Merde, à quarante ans, je ne craque plus pour les gangsters, je suis passé du côté du F.B.I. !



2) Heat ,de Michael Mann (1995)
Heat, c'est d'abord la rencontre au sommet des deux géants Pacino et De Niro, qu'on n'avait encore jamais vus ensemble, et qu'on ne verra finalement pas beaucoup ensemble dans ce film : l'un est le braqueur de banques, l'autre le policier d'élite lancé à sa poursuite, ça donne surtout des moments de surveillance, et de fusillades si affinités.
Pourtant, en bon fan de Jean-Pierre Melville, Michael Mann sait faire se ressembler le fugitif et le pisteur, qui ne vivent que dans la poursuite, et il (s')offre quand même cet étonnant (premier) face-à-face, où les deux cadors se déclarent leur respect mutuel et le vide de leur vie, tout en se promettant que l'un tuera l'autre.
"All I am is what I'm running after", déclare même plus tard le flic Hannah, joli double sens qui souligne à la fois l'importance de sa quête et sa ressemblance avec son gibier.
Mais bon, chez Melville, quand même, on en disait moins.
Et c'est peut-être là que ça coince parfois, à l'image d'un Pacino en surchauffe, qui en fait des caisses dans la parade du flic que rien n'étonne, avec ses chewing-gums, ses grands gestes, ses yeux hagards. ses poses à la coule. Dommage, parce qu'il est vraiment impec dans ces scènes de planque interminable dans la nuit, la conscience sur le fil du rasoir, le corps tendu comme un arc, alors que plus rien ne compte que la traque, la vraie, celle dont chacun sait que les deux ne se relèveront pas.
De Niro, de son côté, est magistral en panthère noire du hold-up (cf. la scène où il se glisse dans l'obscurité pour faire le guet, puis le regard de fauve qu'il jette au camion de surveillance des flics qu'il vient de repérer), chaque regard, chaque mot, chaque geste à l'essentiel.
Comme souvent chez Mann, la ville est un personnage à part entière, enveloppée d'éclats de bleus néon et de brumes de guitares, notamment dans cet aéroport fantomatique, où se jouera l'ultime confrontation, ballet d'ombre et de lumière pour un duel sans gloire à l'issue inéluctable.
Un (très bon) galop d'essai avant le chef d'oeuvre Collateral avec Tom Cruise, dix ans plus tard.
Et ouf, je suis repassé du côté du gangster !


vendredi 29 juillet 2016

SOIRÉE CINÉ 2 FILMS (4) - concept "Rêve ou réalité ou rêve ou réalité?"

1) Inception, de Christopher Nolan (2010)
C'est avec Christopher Nolan que tout a changé. Et je dis ça sans même être un fan. Comme tout le monde, je n'ai vu qu'un seul de ses trois Batman (le second, The Dark Knight, avec l'inoubliable Joker d'Heath Ledger), et comme tout le monde, je n'ai rien compris à Memento.
Mais quand même, on est forcé de reconnaître que c'est lui qui a rendu le blockbuster aussi intelligent que hors de prix. Avant Nolan, on avait Michael Bay. C'était marrant et bien foutu, mais on n'en sortait pas pareil qu'après Insomnia, Interstellar ou ce Inception (Oui, Christopher Nolan fait surtout des films qui commencent par In-) : à savoir, émerveillé, mal à l'aise, touché, désorienté, mais surtout MOINS CON ! Pourquoi ? Parce qu'en accompagnant Christopher Nolan dans ses limbes merveilleusement tortueuses, on a l'impression (sûrement erronée, mais tellement agréable) de s'être frayé un chemin au plus profond de soi-même, et d'en avoir un peu poussé les murs. Et on n'y serait sûrement pas parvenu sans lui. Et d'ailleurs, on n'aurait même pas eu l'idée de le faire. (Et j'en connais qui préféreraient ne pas l'avoir fait ;)
Impossible de s'attarder sur les méandres d'Inception sans risquer d'en briser la magie, c'est un film qu'on ne peut (croire) comprendre qu'avec le cœur, alors j'en reste là. Mais quand même, une question : pour vous, elle s'arrête de tourner, la toupie, à la fin ?



2) Sucker Punch, de Zack Snyder (2011)
D'abord, il y a la sidérante mise en images d'un univers fascinant (ou plutôt trois!), entre fantasmagorique et réalisme.
Il y a aussi la bande originale, inclassable, faite de pop songs bien connues magnifiquement revisités par Marius De Vries, quelque part entre le metal hurlant de Matrix et la pop envoûtante de Morcheeba. À la première vision, l'ouverture, tragique et vaporeuse comme un cauchemar, sous un "Sweet Dreams Are Made Of This" féérique et vénéneuse comme un mauvais sort, m'a laissée sonné, bouche bée, la pizza à la main, ahuri que j'étais d'avoir cru à une série B sexy et décérébrée, à un Tarantino revu et corrigé par Judd Apatow.
Et puis, et surtout, il y a ces cinq filles, personnages sommaires jusqu'au cliché, et pourtant radicalement inoubliables, aussi touchantes en pin-up de salon clos que bluffantes en action girls (presque) invulnérables.
L'oeuvre maîtresse d'un auteur au sommet de son art.


SOIRÉE CINÉ 3 FILMS (3) - concept "Avengers"

1) Avengers, de Joss Whedon (2013)
Quelle idée de génie de Marvel Studios d'avoir confié son plus gros coup à Master Whedon ! Quand j'ai appris la nouvelle, je n'arrivais pas à y croire : lui qui avait vu sa série Firefly annulée au bout de 14 épisodes parfaits, son projet chez DC d'adaptation de Wonder Woman avorté en pré-production (avec Cobie "Robin Scherbatsky" Smulders, que le malin Joss emmènera avec lui chez Marvel pour être sa Mariah Hill), son désir de réaliser un Harry Potter proprement ignoré, le voilà qui signe avec Marvel pour le plus incroyable des défis de son Cinematic Universe.
Il n'a pas fait le boulot tout seul, quand même : les films consacrés à chaque héros valait leur pesant de pierres d'infinité, mention spéciale aux fantastiques Captain America, pas gagnés d'avance avec un personnage étoilé et patriote un peu démodé (mais avec un Chris Evans particulièrement inspiré et convaincant).
Au rayon nouveautés du casting, pour que Avengers ne soit pas QUE la rencontre au sommet des Dieux de Marvel, on a Hawkeye et Black Widow. Jeremy Renner, déjà extra dans les deux derniers Mission:Impossible (au point que la Paramount avait pensé à lui pour remplacer Tom Cruise, les fous !), est formidable ici aussi en tireur à l'arc infaillible. Et bravo à Marvel d'avoir choisi la sublime Scarlet Johansson, qu'on ne s'attendait pas forcément à trouver là, pour interpréter la troublante Black Widow, qui n'a pas (encore) eu droit à son film, mais qui est la seule à être un peu partout à la fois (ce qui correspond sacrément bien au personnage) : elle intervient aussi bien dans le parfait Captain america : le soldat de l'hiver que dans le moyen Iron Man 2 (sa séquence est la meilleure du film). Bonne nouvelle à ce propos : Si Joss Whedon a abandonné (plus ou moins volontairement) la franchise Avengers, il fait maintenant du pied à Marvel pour réaliser le premier film consacré à la Tueuse Rousse Russe (à dire tout haut et très vite ;).
Nouveauté quand même aussi chez les héros déjà vus : Marvel tâtonne depuis longtemps pour trouver le bon Bruce Banner (Eric Bana et Edward Norton n'ont pas transformé l'essai et Hulk est finalement le seul des Avengers à n'avoir pas eu son vrai bon premier film), et c'est ici Mark Ruffalo qui enfile le short en jean indestructible. Et il réussit le tour de force de faire exister son personnage au-delà du bon-c'est-bien-joli-tout-ça-mais-quand-est-ce-qu-il-va-se-transformer-et-tout-défoncer. Et laissez-moi vous dire ceci : après lui, il n'y aura JAMAIS d'autre Hulk.
L'histoire est très bien troussée aussi, on croit autant à la nécessité de cette association super-héroïque contre le déferlement de saloperies hostiles sur New York qu'à la quasi impossibilité à ces super égos de s'entendre (et pas seulement avec Hulk). La preuve qu'ils étaient déjà sacrément bien écrits avant ce film.
Et la mise en scène de Whedon est, comme d'habitude, inventive et virtuose. même si son empreinte aurait pu être moins lisible ici que dans ses précédentes œuvres, un peu cachée par les centaines de millions de dollars qui demandent d'y aller mollo sur l'ironie et la malice. Peine perdue, Joss Whedon est bien aux commandes, à tel point que Marvel sera plus explicite pour le 2, et ne lui en laissera pas le montage final.
En attendant, Avengers est le (deuxième) meilleur film de super-héros jamais réalisé !


2) Captain America : le soldat de l'hiver, de Joe et Anthony Russo (2014)
Avengers est le deuxième meilleur film de super-héros, parce que le premier, c'est celui-là !
Tout est parfait ici : le scénario, les effets spéciaux, le rythme, les cascades, les acteurs, les dialogues, ouah ! C'est simple, je ne peux pas développer, sinon je raconte tout le film, je récite les dialogues et je finis par envoyer l'ordinateur tournoyer et ricocher contre les murs de la bibliothèque.
Si vous ne devez voir qu'un film de super-héros, vous avez tort, mais ça devrait être celui-là. Mais par contre, vous n'y comprendrez rien, hein, parce que quand même, il faut avoir vu les autres ;)


3) Avengers : l'ère d'Ultron, de Joss Whedon (2015)
Après le premier Avengers, il fallait faire encore plus fort.
Alors, mission accomplie ?
Voyons ça.
- Le méchant ? Dans le premier, un Dieu d'Asgard avec une armée de Chitauri et quelques Léviathans galactiques, c''était déjà bien costaud, et Iron Man manquait y rester. Bon.
Cette fois, Ultron, c'est pire, et donc, c'est encore mieux.
Pas de spoiler, mais un indice : il aurait pu mettre sa raclée à la Matrice.
- Les personnages ? Deux nouveaux, les jumeaux Maximoff, annoncés en post-générique du Soldat de l'hiver, avec l'air tellement imbattables que je croyais que ce serait juste eux les méchants de ce nouveau Avengers. Finalement non, et c'est mieux comme ça, leur passé d'enfants meurtris ne suffisant à en faire des personnages aussi intéressant qu'Ultron. Mais question fight, c'est la bonne claquasse qu'on attendait, surtout Wanda, très convaincante dans le rôle assez casse-gueule de la lanceuse-de-boules-d'éclairs-qui-font-bien-mal-par-où-ça-passe.
De leur côté, les autres héros sont encore une fois très bien, aussi crédibles dans les scènes de virile camaraderie que dans les désaccords plus ou moins musclés, et Joss Whedon n'a pas son pareil pour filmer une scène de fin de soirée, col de chemise déboutonné et dernier verre à la main, et donner des airs de mes meilleurs copains à ces personnages surhumains.
- La mise en scène ? Un peu moins personnelle que dans l'épisode précédent, elle fait cette fois la part belle à des scènes de non-stop-action, auxquelles manque parfois peut-être un peu (je prends des précautions parce que c'est quand même un film super réussi) les moments de complicité ironique que la caméra mettait intimement entre ses héros et nous, comme pour dire oui-oui-il-va-VRAIMENT-faire-ce-truc-de-fou-là-maintenant-tout-de-suite, avec l'air de ne pas y croire elle-même. Mais le scénariste/réalisateur garde la main pour des purs moments whedonesques, dans le bourrin (l'hilarant "Go to sleep, go to sleep, go to sleep" d'Iron Man à Hulk pendant qu'il lui remplit la gueule de calottes démentielles) comme dans les breaks (les séquences dans la maison des Barton, où rien en se passe mais où tout est essentiel  (et dont Marvel ne voulait pas)).
Alors mission accomplie ?






mercredi 27 juillet 2016

SOIRÉE CINÉ 3 FILMS (2) - concept "Space Cowboy Opera"

1) Star Wars Episode III, de George Lucas (2004)
Clairement l'épisode le plus réussi de la trilogie maudite du démiurge irascible George Lucas. Ce qui ne veut pas dire grand chose tellement les épisodes I et II sont moyens. Pas nuls, non, mais moyens. Disons qu'il y a du bon, voire du très bon, dans les trois, et que c'est dans cette "Revanche des Sith" qu'il y en a le plus.
Le bon :
- le complot et les machinations politiques, très bien menées depuis le début de la trilogie (c'est certainement l'aspect le plus étonnamment réussi de la trilogie), trouvent là leur point d'orgue, dans la violence et la légalité. La plus belle réplique de l'épisode revient à Padmé, au Sénat Galactique : "Alors c'est ainsi que meurt la liberté. Sous un tonnerre d'applaudissements."
- le méchant Général Grievous, qui créé le concept jamais vu de droïde souffreteux. Ça peut faire sourire, mais il est pas si mal, avec ses quatre bras armés de sabres lasers, même s'il commet l'erreur habituelle des méchants d'opérette : il demande à ses deux cent cinquante mille droïdes soldats de ne pas exécuter Obi-Wan comme un taun-taun, et de le lui laisser. Ah ah ah, big mistake!
- la bataille spatiale du début, qui rappelle que si Lucas est un scénariste/dialogue assez calamiteux, il reste un réalisateur doué : le plan-séquence qui ouvre le film est à couper le souffle!
Le très bon :
- les scènes de massacre des Jedis, qu'on n'osait pas espérer aussi noires, et qui sentent bon le côté obscur.
- les duels finaux simultanés Yoda/Sidious et Kenobi/Skywalker. J'attendais beaucoup de ces deux face-à-face, l'un pour le combat des chefs, l'autre pour la fin d'Anakin, et je ne suis pas déçu. Yoda est incroyable en lutin de choc, acrobaties vertigineuses et regards pénétrants, Jedi de fou, sans colère jusqu'au bout, joli coup. Obi-Wan est impec aussi en maître meurtri, qui abandonne son ami aux flammes et à sa folie auto-destructrice, après un combat très bien mené.
- la réparation du corps fracassé d'Anakin en Darth Vader, très attendu lui aussi, qui s'annonçait comme le too much du too much, et qui, bizarrement, passe bien.
Le moins bon :
- le personnage de Padmé, totalement sous-exploité, à qui la toujours ravissante et convaincante Natalie Portman peine à donner de l'épaisseur, et dont la mort incompréhensible est à la limite du ridicule (comme l'ensemble de son pseudo-amour fou avec Anakin depuis le début : voir pour ça la scène de séduction dans la fausse herbe numérique de l'Episode II).
- Mais, mais, regardez, c'est Chewbacca, mais oui, c'est bien lui ! Et Solo, il est pas là ? Bébé, peut-être ? Dommage d'avoir voulu la jouer (encore) cohérence-cohérence, parce que les Wookies sont bien crédibles en derniers bastions de résistance au futur Empire. Mais Chewbacca, merde, c'était pas la peine !
- Autant Ian McDiarmid est parfait en fourbe et calculateur Sénateur Palpatine, autant il en fait des caisses en Empereur difforme et content de lui : on s'attend à des yark-yark-yark dignes d'Izogoud à chaque réplique.
Bref, merci aux Dieux de la Galaxie Lointaine, Très Lointaine d'avoir soufflé à George Lucas qu'il était temps de passer la Force à Disney, et merci à Disney d'avoir choisi J.J. Abrams, qui a réalisé le meilleur épisode de toute la saga, et qui ne s'arrêtera sans doute pas là.


2) Serenity, de Joss whedon (2005)
C'était la meilleure série du monde, c'est devenu un des meilleurs films du monde.
Pas encore aux commandes de la formidable franchise Avengers de Marvel, Joss Whedon a troussé un space western opera qui a tout pour être mythique, plus encore d'après moi que n'importe quel Star Wars (bon, d'accord, pas celui de J.J. Abrams), dans un univers parfaitement cohérent et définitivement excitant (à défaut d'être véritablement original), où chaque planète a des airs de Gattaca en Arizona.
Des personnages de cow-boys galactiques (et ce ne sont pas que des mecs) tout en nuances d'héroïsme et de cynisme, une histoire en béton armé, des méchants bien monstrueux, un nemesis fascinant de sauvagerie courtoise, des décors bien réalistes (le vaisseau, crado et fonctionnel), des dialogues tellement bien écrits (et bien balancés) que l'intégralité mériterait de figurer dans les quotes d'IMDB, une mise en scène virtuose (cf. le plan-séquence de générique, et c'est pas du numérique, c'est du De Palma dans l'espace!), et une direction d'acteurs magistrale de malice, d'ironie et de talent : josswhedonesque, en somme !


3) Cowboys & Aliens, de Jon Favreau (2011)
Ah, cette scène d'ouverture (quasiment telle quelle en bande-annonce, tellement elle dit déjà à quel point ce film sera génial), avec ce Daniel Craig désorienté mais d'un magnétisme animal absolument ahurissant (j'en ai encore des frissons en l'écrivant, que quelqu'un m'abatte !), une baston éclair qui sent le cuir qui craque et le poussière qui acre (ça veut rien dire, c'est pour le rythme de la phrase ;), et tout est dit : C&A sera un western d'anthologie, et ce, même si des aliens terrifiants de sauvagerie et de vélocité ne venaient pas en secouer les cactus et cabrer les chevaux (si, là, c'est bon, ça veut dire quelque chose, relis bien ;)
Et ce n'est pas tout ! On dira ce qu'on voudra du jeu d'acteur de Harrison Ford (il joue toujours pareil, disent certains, et ce n'est pas tout à fait faux : ce Colonel Dolarhyde est un peu beaucoup Han Solo avec un chapeau de cowboy ou Indiana Jones avec... un autre chapeau), mais le vieux cabot reste un des mecs les plus chouettes du monde à regarder sur un grand écran : ses mimiques, grimaces, et autres regards en coin sont une inépuisable source de réjouissances de spectateur, ici comme ailleurs !
Et Olivia Wilde est très bien aussi, avec sa robe Carolyn Ingalls, son colt à la ceinture, ses yeux bleus transparents et son passé mystérieux jusqu'à la magie.
Et je pourrais continuer comme ça, tant tout ici est réussi, du moindre personnage secondaire (qui a reconnu le Durgan derrière ses petites lunettes de prêcheur que plus rien n'étonne ? Qui a reconnu Walton Goggins, le nouveau chouchou des westerns de Tarantino ?) au plus petit élément de décor, vaisseau spatial et saloon enfumé (ou ce bateau à aube fracassé à l'envers "à 800 km de la plus proche rivière capable de l'accueillir", vision de noire poésie digne de Tim Burton ?)
Un chef d'oeuvre, pour moi.
Pas de numéro 2, mister Favreau ?

mardi 26 juillet 2016

SOIRÉE CINÉ 3 FILMS (1) - concept "Tentative de survie à la menace de destruction de la planète Terre"

1) Albator, le corsaire de l'espace, de Shinji Aramaki (2013)
Même si je n'ai pas tout compris à la fin, cette adaptation du dessin animé de quand-on-était-petits est plutôt réussie et répond aux attentes des spectateurs nostalgiques : Albator est une vieille bête au sabre-fusil ou au combat rapproché et il envoie des regards lourds de tu-ferais-mieux-de-faire-comme-je-dis-sinon-tu-vas-pleurer à chaque apparition, et c'est bien ça qu'on espérait. Le mystère de son passé et de son œil perdu est révélé, et on attendait ça aussi. Après, on accroche ou pas aux révélations. Perso : mention très bien pour le passé, mais la blessure, c'est un peu banal (une balle perdue, comme tout le monde).
Les sidekicks ne sont pas mal non plus, notamment la sexy et badass Kei, pas du tout potiche, et le second Yattaran, moins comico-lourdaud que dans le dessin animé. Yama, le-traître-qui-trahit-mais-qui-regrette-d'avoir-trahi-et-qui-trahit-encore-mais-pour-le-compte-des-gentils-cette-fois, est un peu lourd d'états d'âmes et de tergiversations, mais il a un côté Luke Skywalker Episode IV qui passe bien.
Bref, une réussite, mais pas non plus impérissable.


2) Pacific Rim, de Guillermo Del Toro (2013)
Vu au cinéma à la sortie et jamais revu depuis, j'en gardais un souvenir de bastons très élégantes et ultra bourrines à la fois : ces géants de fer et ces monstres de cauchemar se mettent des roustes phé-no-mé-nales, qui font mal et peur et vraies. Mais le film vaut aussi pour sa réflexion sur l'héroïsme, le sacrifice et la coopération. Comme Independance Day, mais en pas énervant. Et en pas trop long, non plus, et avant une nouvelle peignée d'anthologie, bien sûr.


3) Transformers, de Michael Bay (2007)
Vu à la sortie aussi, plutôt (très) bon souvenir, mais trois suites de pire en pire, qui ont bien éventé le concept, l'effet de surprise passé, les robots qui mettent aussi longtemps à débarquer que Tony Stark à mettre l'armure, le petit Decepticon hystérique et insupportable, le jeu survolté et lassant de Shia LaBeouf, les bagarres filmées en supersonique, tout ça finit par user. Restent quelques très bons moments : une animation des transformations toujours bluffante, un excellent John Turturro en roue libre, une ou deux séquences burlesques réussies (les Autobots qui se font tout petits dans le jardin des Witwicky), et Megan Fox, bien sûr, renversante de sensualité et de badass attitude, et bien plus explosive que les combats, poursuites et autres destructions.
Bref, comme souvent avec Michael Bay, le mieux, c'est encore les bandes-annonces.