DOUBLE FEATURE : Détours clairs-obscurs de l'âme humaine
DÉSIRS HUMAINS, de Fritz Lang (1954)
Dans son précédent film, le furieux Règlement de comptes, Fritz Lang réunissait déjà Glenn Ford et Gloria Grahame, mais ils ne faisaient que se frôler, l'un et l'autre pris dans la tourmente d'un récit policier de vengeance, de violence et de traumatismes, mais laissant deviner une alchimie incendiaire dont le réalisateur va souffler le brasier dans ce nouveau film.
Comme toujours obsédé par la noirceur et la fatalité des pulsions humaines, Fritz Lang les regarde sombrer dans une passion autodestructrice, tout en romantisme ténébreux et espoir mensonger, et ausculte ces "désirs humains" comme un prélude inéluctable à l'abandon et au regret.
Racisme, corruption, manipulation, alcoolisme, brutalité, Orson Welles ne se refuse aucune ignominie pour incarner son personnage de flic adipeux et repoussant, ogre boiteux et damné, que ne sauveront ni l'amour trouble de son collègue crédule et fasciné, ni la protection dérisoire de la cartomancienne vénéneuse et ensorcelée.
Dans une mise en scène inspirée (contre-plongées, plan-séquence) et sur une histoire policière futée mais volontairement cannibalisée par la déchéance de son personnage principal, La soif du mal explore les tréfonds nauséabonds de l'âme humaine, là où l'amour et la lumière ne peuvent que renoncer, atterrés et vaincus.
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