vendredi 20 février 2026

JOUR 2 : Double Feature

DOUBLE FEATURE : 

SING OR DANCE YOUR LIFE AWAY / CHANTER OU DANSER POUR SA VIE   

LES RUES DE FEU, de Walter Hill (1984)

Dans un quartier new-yorkais ressemblant à un Brooklyn des années 50 (vestes en cuir craquantes, Cadillac décapotables, Harley-Davidson rugissantes, diner poisseux) plongé dans post-western apocalyptique de feu et de pluie, un héros rebelle et redresseur de torts, rescapé et traumatisé d'une guerre inconnue, et une merveilleuse rock-star, femme-enfant adulée et égarée, se cherchent et se perdent, s'échappent et s'écharpent, s'aiment et se fuient, jusqu'à un sublime baiser sous une pluie battante qui rince les péchés et essore les doutes. 

Foutraque et maîtrisé, un film unique, porté par la furie visionnaire de Walter Hill, transcendé par le rock galopant de Jim Steinman et habité par les corps et les regards de Michael Paré, beau comme un démon du Bien, et Diane Lane, belle comme un ange déchu.

Une fable rock n' roll, entre Mad Max : au-delà du dôme du tonnerre et La fureur de vivre.

JOHN WICK : BALLERINA (2023)

Précédé d'une réputation assez désastreuse (flop public, univers partagé incohérent, etc.), Ballerina me paraît pourtant cocher toutes mes cases : l'univers de John Wick (le plus furieux et fascinant du cinéma d'action depuis Terminator), une actrice incandescente (Ana De Armas, remarquable en hologramme badass dans Blade Runner 2029, excellente en domestique névropathe de la vérité dans À couteaux tirés, inoubliable en Marilyn tourmentée et sacrifiée dans Blonde), une promesse de (probablement brève) scène avec Keanu Reeves (il apparaît sur l'affiche) et des seconds rôles excitants (Gabriel usual suspect Byrne, Norman Daryl Dixon Reedus, Anne Nikita Parillaud) et un réalisateur rompu à l'exercice de la suite de saga dévastatrice (Underworld, Die Hard). 

Bon, alors, c'était mérité, cette réputation ?

Évidemment non, et John Wick : Ballerina est exactement ce qu'il promet (un film de flingages et de bastons, de trahison et de vengeance, avec cette touche de fatalité et de mélancolie qui fait l'honneur de la franchise) et même davantage : John Wick est bien là, sage, laconique et léthal, pour une séquence mémorable et parfaitement à sa place de vie et de mort.

JOUR 1 / 8 : DOUBLE FEATURE


 MISSION : IMPOSSIBLE Reckoning





dimanche 14 septembre 2025

HELLOWEEN - Giants And Monsters

Après lecture du livret, une (première ?) petite déception par rapport à l'album précédent Helloween : pas de très longue pièce à la "Skyfall" (mais quand même trois morceaux de quelque huit minutes), et seulement deux titres écrits par mon compositeur préféré Michael Weikath (qui signait les trois meilleurs titres de Helloween : la phénoménale ouverture "Out For The Glory", puis les excellents "Down In The Dumps" et "Robot King"). Heureusement, Kai Hansen a cette fois écrit trois chansons (dont "Majestic", qui reprend à l'identique un titre de Gamma Ray : clin d'œil, reste d'individualisme ou auto-plagiat ? Attendons la première écoute.)

À la première écoute, donc, une deuxième déception : rien n'est aussi exaltant que les quatre titres cités plus haut, mais tout est quand même très bon, peut-être même meilleur que le reste de Helloween. Andi Deris, habitué à la surproduction et à la répétition, s'avère ici plutôt intéressant ("Giants On The Run", co-écrit avec Kai Hansen, le single évident "A Little Is A Little Too Much", en vrai duo Kiske/Deris), même si on n'échappe pas cette fois-ci à sa ballade ennuyeuse ("Into The Sun"), mais Michael Weikath livre le minimum syndical (deux titres (très bons, d'accord) d'à peine 4 minutes !) ; Markus Grosskopf n'a pas l'honneur de la tracklist officielle (le très bon "Indestructible" sur Helloween) mais la consolation (méritée) du bonus-track ("Out Of Control") ; Kai Hansen place clairement du (très bon) Gamma Ray ("We Can Be Gods", au refrain carrément Helloween, quand même, et donc "Majestic", c'est la deuxième explication la bonne, pour moi), mais surtout, excellente surprise, Sasha Gerstner, toujours un peu modeste et en retrait (au point qu'il avait peur de se faire virer quand Kai Hansen est revenu), signe deux des meilleurs morceaux du disque (notamment le formidable et épique "Universe (Gravity For Hearts)") et s'avère inspiré et talentueux, et, en plus, beau gosse, stylé de la coiffure à la guitare : la Citrouille ultime?



mardi 26 août 2025

lundi 18 août 2025

GAMMA RAY DISCOGRAPHY (11) - Empire Of The Undead (2014)

Avant de produire cet ultime album, Gamma Ray doit faire face à deux coups du sort : l'incendie accidentel de son studio (qui retardera la sortie du disque, mais ne détruira que du matériel, et non les sept titres déjà en boîte) et le départ de son batteur Dan Zimmermann (qui composait toujours un titre ou deux, souvent excellents). De plus, le mastermind Kai Hansen vient de consacrer beaucoup de temps et de passion à Unisonic, son groupe avec Michael Kiske (deux albums et deux tournées), préfigurant la future reformation d'Helloween en 2020 (mais ça, personne ne le sait encore).

En résulte un album un peu étrange, depuis sa pochette plutôt ratée, dans son concept et sa réalisation, jusqu'à sa production un peu pâlichonne, signée du seul Kai Hansen cette fois, et des compositions qui accusent le coup d'une inspiration un peu éclatée.

On y retrouve donc tout ce qui a fait le charme et la gloire de Gamma Ray, mais en plus transparent, comme un peu dénaturé ou affaibli, à l'image de son Fangface aux rayons X.

Ce sera l'album-testament du groupe, mais pour toujours undead dans son empire.

GAMMA RAY DISCOGRAPHY (10) - To The Metal ! (2010)

Land Of The Free II (2007) était à la fois un retour aux sources (Land Of The Free est le premier album avec Kai Hansen au micro) et la fin d'un cycle pour Gamma Ray, entre fougueux rêve de liberté et peur de la technologie aliénante.

Pour ce To The Metal!, le groupe revient aux fondamentaux, thématiquement — l'amour de la vie ("Time To Live", "Shine Forever") et de la musique ("To The Metal!") — et musicalement, avec des morceaux plus courts et plus directs ("Rise", "Deadlands"). Quelques belles surprises, quand même : le presque disco "Empathy", l'orgue furibard de "Chasing Shadows", le retour du héros Michael Kiske (le speed "All You Need To Know", à l'étonnant refrain pop) et des titres très personnels sur le deuil (Kai pour sa mère sur "Mother Angel", Dirk pour son père sur "No Need To Cry", dont il chante le pont), donnant au disque des allures de post-scriptum.

Un album bien fichu, un bon moment d'écoute, mais rien de vraiment exaltant. 

Et si Land Of The Free II avait été en réalité un chant du cygne ?