DOUBLE FEATURE :
SING OR DANCE YOUR LIFE AWAY / CHANTER OU DANSER POUR SA VIE
LES RUES DE FEU, de Walter Hill (1984)
Dans un quartier new-yorkais ressemblant à un Brooklyn des années 50 (vestes en cuir craquantes, Cadillac décapotables, Harley-Davidson rugissantes, diner poisseux) plongé dans post-western apocalyptique de feu et de pluie, un héros rebelle et redresseur de torts, rescapé et traumatisé d'une guerre inconnue, et une merveilleuse rock-star, femme-enfant adulée et égarée, se cherchent et se perdent, s'échappent et s'écharpent, s'aiment et se fuient, jusqu'à un sublime baiser sous une pluie battante qui rince les péchés et essore les doutes.
Foutraque et maîtrisé, un film unique, porté par la furie visionnaire de Walter Hill, transcendé par le rock galopant de Jim Steinman et habité par les corps et les regards de Michael Paré, beau comme un démon du Bien, et Diane Lane, belle comme un ange déchu.
Une fable rock n' roll, entre Mad Max : au-delà du dôme du tonnerre et La fureur de vivre.
JOHN WICK : BALLERINA (2023)Précédé d'une réputation assez désastreuse (flop public, univers partagé incohérent, etc.), Ballerina me paraît pourtant cocher toutes mes cases : l'univers de John Wick (le plus furieux et fascinant du cinéma d'action depuis Terminator), une actrice incandescente (Ana De Armas, remarquable en hologramme badass dans Blade Runner 2029, excellente en domestique névropathe de la vérité dans À couteaux tirés, inoubliable en Marilyn tourmentée et sacrifiée dans Blonde), une promesse de (probablement brève) scène avec Keanu Reeves (il apparaît sur l'affiche) et des seconds rôles excitants (Gabriel usual suspect Byrne, Norman Daryl Dixon Reedus, Anne Nikita Parillaud) et un réalisateur rompu à l'exercice de la suite de saga dévastatrice (Underworld, Die Hard).
Bon, alors, c'était mérité, cette réputation ?
Évidemment non, et John Wick : Ballerina est exactement ce qu'il promet (un film de flingages et de bastons, de trahison et de vengeance, avec cette touche de fatalité et de mélancolie qui fait l'honneur de la franchise) et même davantage : John Wick est bien là, sage, laconique et léthal, pour une séquence mémorable et parfaitement à sa place de vie et de mort.


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