Pendant la Grande Dépression, les vagabonds désœuvrés, à la recherche d'emploi, passaient de ville en ville en voyageant en fraude, et souvent au péril de leur vie, à bord des trains de marchandises (sous les essieux, dans les wagons à bestiaux, sur les toits). "L'empereur du Nord" raconte le duel entre un fraudeur réputé pour ne jamais se faire prendre et un chef de train réputé pour ne jamais laisser personne monter à bord. Chacun y cherche une raison de vivre ou de mourir, et l'affrontement est à l'image de son époque : absurde et désespéré.
samedi 5 avril 2025
vendredi 4 avril 2025
JOUR 3 : SINGLE FEATURE
KING KONG, de John Guillermin
Dans le "King Kong" de 1933, le plus réussi, c'est Kong, marionnette pleine de poésie et de bestialité, et ses combats contre tout ce qui voudrait lui disputer son petit bout de femme : serpent aquatique géant, tyrannosaure, ptérodactyle, et avions de chasse. Mais ce qui ne marche pas, voire n'existe pas, contrairement à ce que prétend la fameuse réplique finale ("No, it was beauty that killed the beast"), c'est le côté "belle et la bête" : Ann Darrow est constamment effrayée par le singe géant, et passe le film à attendre qu'on la sauve, en criant (de fort belle et convaincante façon) au secours, et n'éprouve que soulagement lorsque Kong est capturé, enchaîné puis mitraillé. L'amour du primate est irrémédiablement unilatéral, faisant du film une sorte de #metoo poilu et dégénéré.Un bon film d'aventures, avec beaucoup de bons moments et quelques ratages, mais qui ne mérite pas sa réputation désastreuse, essentiellement due à la colère et à la frustration de ne pas voir le film annoncé par l'affiche :
La phrase d'accroche prête déjà à sourire (ou agace, c'est selon) : "original", alors que c'est un remake, et "most exciting event of all time", c'est vendre la peau du singe géant avant de l'avoir construit. Mais ce slogan a une authentique valeur historique : il invente le concept de blockbuster.
La peinture en elle-même (réalisée par John Berkey, qui n'a vu aucune image du film, et qui se base donc sur ce que lui en a dit le producteur mégalomane Dino de Laurentiis) est fabuleuse : Kong, dans une posture triomphante, quasi-invulnérable entre les deux tours jumelles (à la place de l'Empire State Building, qu'on aperçoit quand même en arrière-plan). Le climax du film a bien lieu au sommet du World Trade Center, excellente nouvelle idée du film, mais les deux tours sont séparées de 60 mètres, quand Kong ne mesure "que" 18 mètres de haut. Et dans le film, Kong va sauter d'une tour à l'autre, dans un bond désespéré formidable (mais un plan assez raté), quand il lui suffirait de faire un pas de côté sur l'affiche.
jeudi 3 avril 2025
JOUR 2 : DOUBLE FEATURE
POST-WESTERN & CHASSE À L'HOMME
VAMPIRES, de John Carpenter
Hard rock tendance Morricone, décors déserts et hostiles,
personnages troubles et violents, survie à tout prix et loyauté
chère payée, on est bien dans un film de John Carpenter. Mais là, encore
mieux : on a des vampires, on a des effets spéciaux KNB, et
surtout, on a un western ! Tous les films de Big John sont des
westerns déguisés, enfants bâtards hors-la-loi de son amour de
« Rio Bravo », mais cette fois, de la ville fantôme à
la prison piégée, de la prostituée sans espoir au justicier sans
états d’âme, ce sont tous les réjouissants clichés du western
qui défilent ici. Si c’est parfois too much (Thomas Ian
Griffith n’impressionne pas trop en maître vampire imbattable,
rugissant et narquois, James Woods agace un peu en tueur irascible,
poseur et rouleur de mécaniques), c’est surtout très très fun,
avec des bons moments de bravoure (le piège dans l’ascenseur, le
massacre dans le motel), et des grands moments d’émotion
(l’enterrement désacralisé des partenaires perdus, la séparation
avec promesse de traque mortelle des deux héros). Et, s’il ne
fallait qu’une seule raison de regarder (et d’aimer) ce film, ce
serait l’amour vicié et sublime qui naît entre Tony Montoya
(étonnant Daniel Baldwin) et Katrina (renversante Sheryl Lee),
toxique et apaisant comme un sommeil de mort.
APPORTEZ-MOI LA TÊTE D'ALFREDO GARCIA,
de Sam Peckinpah
Mexique miséreux, héros crasseux en perdition, destin meurtri et inéluctable, argent sale et toxique, on est bien dans un film de Sam Peckinpah. Post-western
poussiéreux et indolent, traversé de violences choquantes, à coups
de flingue, de machette ou de sexe, « Apportez-moi la tête
d’Alfredo Garcia » est aussi et surtout une errance d’amour
entre Benny, gringo déchu échoué au Mexique, et Elita, prostituée
chanteuse, romantique et pragmatique. Warren Oates, l’un des frères
Gorch de « La horde sauvage » (celui qui reprend en
hurlant la gattling après la mort de Pike), est épatant dans le
rôle de sa vie, amoureux désespéré et chasseur de prime maladroit (ou le contraire). D’abord
comédie noire, puis road-trip sanglant et finalement tragédie,
c’est le seul véritable film d’amour de Peckinpah
(avec « Guet-Apens », peut-être), et c’est ce qui le
rend inoubliable.
mercredi 2 avril 2025
JOUR 1 : DOUBLE FEATURE
DOUBLE FEATURE - Pop culture rétro-afro-américaine
COFFY, de Jack Hill
1973, New York. Un polar cool, fun, sexy et violent, avec la sublime Pam Grier, dangereuse et bouleversante comme une panthère acculée. Tour à tour bravache, terrifiée, courageuse, séductrice, manipulatrice, elle est renversante de beauté, et attire tous les regards, ange exterminatrice et vengeresse, seule contre tous, et finalement symbole de sexe et de sang d'une révolte noire sans espoir.
PURPLE RAIN, de Albert Magnoli
1984, Minnesota. Le petit Prince, farouche et fier comme
un chat sauvage, se raconte en quatre lignes de scénario, mais avec une passion et une sincérité tellement too much que c'en est sublime. Filmé comme un archange, chemise blanche à jabot et veste mauve cintrée à larges pans, les épaulettes immenses comme des ailes pas encore déployées, apparaissant et disparaissant dans des lumières bleutées et enfumées, bête de scène et acteur intense à défaut d'être vraiment bon, Prince est incandescent. Autour de lui, tout le monde joue son propre rôle avec un charme fou, mention spéciale au duo dansant et hilarant Morris et Jérôme, et surtout à Wendy, guitare et talent en bandoulière, style années 80 comme si elle l'avait inventé, qui prononce quatre répliques, jette trois regards bouleversants et éclipse en deux secondes la belle Apollonia.
mardi 1 avril 2025
lundi 24 mars 2025
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