mercredi 1 mai 2013

L'ALBUM DE LA SEMAINE (19) : "Straight Out Of Hell" - HELLOWEEN

Pour commencer, la bonne nouvelle : un formidable "happy tunes" à la Michael Weikath comme il n'en avait plus écrit depuis "All Over The Nations" ("Years"). Ensuite, la encore meilleure nouvelle : ce n'est pas la seule bonne nouvelle de ce Straight Out Of Hell !
D'abord, ça rejoue (enfin) vite ! Pas moins de qautre titres rapides ("World Of War", "Far From The Stars", Church Breaks Down", "Make Fire Catch The Fly"), là où 7 Sinners n'en offrait qu'un demi !
Ensuite, les (nombreuses) compos bouche-trous du sympathique Markus Grosskopf sont encore de très bonnes surprises, au point que ça va en devenir une habitude, comme si le bassiste devenait finalement un véritable pilier de l'écriture des citrouilles !
Enfin, le groupe fait preuve d'une réelle audace en mettant en avant le complexe et risqué "Nabataea" alors que le single Hello-classique "Waiting For The Thunder" semblait s'imposer comme toujours.

Ceci dit, il ne s'agit par pour autant d'un grand album d'Helloween, la fin des ambitions et de l'inspiration ayant été quasi-explicitement annoncée par le réchauffé Keeper Of The Seven Keys, The Legacy, habile et payante opération médiatique, mais plantage musical embarrassant. 
Mais ne boudons pas notre plaisir, ce Straight Out Of Hell reste un album solide, cohérent et enlevé.
A défaut d'être mémorable.

mercredi 20 février 2013

L'ALBUM DE LA SEMAINE (18) : "Euphoria" - DEF LEPPARD

C'est l'album du grand retour pour Def Leppard, après le moment d'égarement du plutôt réussi mais très expérimental Slang.
Tout est là pour annoncer les retrouvailles : le titre en référence quasi explicite aux mythiques Pyromania et Hysteria, la patte de Mutt Lange sur quelques morceaux (notamment le fabuleux "Promises"), une petite soeur à "Have You Ever Needed Someone So Bad?" (la ballade magique "Goodbye"), un epic-classic ("Paper Sun").
La plus grande réussite de l'album ? Le frissonnant "To Be Alive", écrit à l'écart du groupe par le (plus si) nouveau venu Vivian Campbell, mais tellement leppardisé par ses compères qu'il ne peut plus échapper à quiconque que Def Leppard détient le bien le plus précieux de tout groupe essentiel : le style.

lundi 11 février 2013

L'ALBUM DE LA SEMAINE (17) : "Gutter Ballet" - SAVATAGE



Précurseur du futur chef d'oeuvre Streets : A Rock Opera, Gutter Ballet n'est pas pour autant un brouillon ni un coup d'essai. A la croisée de ses chemins, Savatage puise ici dans son power metal le plus efficace ("Of Rage and War", "She's In Love") avant de s'autoriser à inventer le metal opératique unique qui construira sa légende. A ce titre, le morceau "Gutter Ballet", stupéfiante alliance de piano possédé, de rythmique sauvage et de solo désenchanté, est une merveille intemporelle.
Et encore et toujours la voix ultime du metal : Jon Oliva, pas encore Mountain King mais déjà au sommet de sa puissance et de son inventivité vocale.




jeudi 27 décembre 2012

L'ALBUM DE LA SEMAINE (16) : "The Wicked Symphony" - AVANTASIA & "The Neon God" - W.A.S.P.

Que reste-t-il deux après de The Wicked Symphony de Tobias Sammet, proclamé à l’unanimité de moi-même, meilleur album du monde et unique album à emporter sur une île déserte ? (#)
Tout simplement un disque exceptionnel, d’une inépuisable richesse, sans défaut et sans égal.
Sans égal ?
Malheureusement non, plus maintenant.
Car entretemps, un autre Immortel a défié l’ami Tobi sur son sol sacré : l’infâme et sublime Blackie Lawless !



Après le choc originel de The Crimson Idol, c’est au tour de son petit frère de hanter mes oreilles : The Neon God, double album au concept similaire, mais qui explore plus profondément encore les traumatismes de l’enfance qui donnent naissance à la quête obsessionnelle et autodestructrice de la fortune et de la gloire. Plus sombre encore que The Crimson Idol, moins facile d’accès aussi, The Neon God n’est pourtant pas le copiage honteux et inutile de son fabuleux modèle. Les ressemblances sont incontestables à tous les niveaux (compositions, rythme, cohérence…), mais pourquoi chercher à contester l’authentique plaisir de retrouver un artiste/groupe au sommet de son inspiration et de son ambition ? The Neon God est un album puissant, riche et sans faiblesse. A l’exception peut-être de la voix de Blackie Lawless, qui, pour être toujours multiple et protéiforme, n’est plus aussi étincelante que par le passé.

Alors verdict ? Blackie ou Tobi ?

Et bien, l’ultime combat reste à mener, puisque Tobias Sammet a finalement décidé de donner un successeur inattendu et inespéré à Wicked Symphony : The Memory Of Time, annoncé pour mars 2013 !
Mais le Noiraud Sans Loi, après trente années de tonnerre, est toujours dans l’arène, puisque son dernier album Babylon (2010), malgré une durée un peu frustrante (39 min au compteur, dont deux reprises dispensables) et un concept un peu fruste, est peut-être mon préféré de tous ! Et notre héros tout de noir vêtu a retrouvé sa splendeur vocale !

mercredi 7 novembre 2012

HIGHLANDER - LA SERIE

Attention, SPOILER : la série Highlander a pris un sacré coup de vieux.
Des méchants de pacotille ("Ahaha, car c'est moi qui ai tué ta femme il y a cent soixante douze ans!") aux scénarios téléphonés ("Tu n'as pas combattu depuis trop longtemps, laisse-moi y aller à ta place" - alors que notre héros est évidemment bien plus fort), des effets spéciaux bon marché (les pneus et les phares de la même voiture qui explosent trois fois pendant le quickening) aux jeux d'acteurs encore un peu guindés (Stan Kirsch, dont un bonus DVD montre le bout d'essai, comme pour se défendre d'avoir mal choisi), rien ne tient vraiment la distance et fait plutôt ressembler Highlander à un Dr Quinn, femme-médecin avec des épées.
Mais alors, d'ou vient ce délicieux charme désuet qui s'en dégage ?
Des combats au sabre joliment chorégraphiés (et exécutés avec habilité et crédibilité par les acteurs eux-mêmes) ? Des chansons de Queen, très datées mais à l'émotion étrangement intacte ? Des très jolis seins d'Alexandra Vandernoot, que la co-production française ne dissimule pas sous la douche ? Du personnage très Sam Beckett de Duncan MacLeod, demi-dieu maudit à qui Adrian Paul prête son charme à la Gene Kelly ?
Oui, un peu de tout ça ; mais surtout, de toutes les promesses que la série saura tenir en allant intelligemment et courageusement jusqu'au bout d'un concept sans originalité : l'immortalité.

Voir aussi : Hulk - la série.

mardi 16 octobre 2012

L'ALBUM DE LA SEMAINE (15) : "Pump" - AEROSMITH

C'est un drôle de lien qui m'unit à Pump.
Il m'a fallu nombre de rencontres, esquives, déceptions  espoir, envies pour enfin tomber amoureux. Mais le hard rock lascif et gouailleur d'Aerosmith a fini par me toucher au coeur. Plus encore, le principal défaut du groupe à mes oreilles est finalement devenu l'ingrédient essentiel de sa magie : l'incontrôlable Steven Tyler, tellement débordant d'énergie qu'on l'imagine pirouettant devant son micro.  Pas en reste, l’impénétrable Joe Perry balance ses riffs et ses solos avec un feeling et une facilité de pistolero. Une alchimie parfaite pour un album parfait.

samedi 15 septembre 2012

L'ALBUM DE LA SEMAINE (14) : "The Crimson Idol" - W.A.S.P.

Comment un album pareil a-t-il pu m'échapper pendant toutes ces années ? Bien sûr, je connais W.A.S.P. de nom (et de vue : les pommettes, les bottes à franges et la B.C. Rich Warlock de Blackie Lawless avaient depuis longtemps marqué mon imaginaire de rocker prépubère), j'ai entraperçu quelques singles (le classique "L.O.V.E. Machine"), mais, sans remords ni rancune, la vraie rencontre n'avait jamais eu lieu.
Pourtant, à sa sortie en 1992, ce Crimson Idol m'avait attiré comme le chant d'une sirène satanique : j'étais fou (et je le suis toujours, même si plus raisonnablement) de son genre de rock opera, dont l'ensemble des titres déroule une histoire cohérente.
Dans le cas de Crimson Idol, la réussite ne vient pas tant de son sujet, plutôt très classique (un musicien surdoué et sociopathe en quête désespérée et insatiable d'une gloire autodestructrice) et finalement très similaire à nombre d'oeuvres rock aussi abouties (The Wall de Pink Floyd, Streets de Savatage, et surtout la trilogie du Scarecrow de Tobias Sammet).
Mais c'est surtout à un petit frère de Tommy que The Crimson Idol ressemble le plus (Pete Townshend est d'ailleurs remercié dans le livret pour l'inspiration et les encouragements à aller jusqu'au bout du projet) : personnages déjantés (The Gypsy Queen, qui, à défaut de dépuceler le héros, lui tire les cartes ; le producteur "Chainsaw" Charlie, une sorte d'Uncle Ernie qui aurait pris la tête d'une major compagny ; Jonathan lui-même, The Invisible Boy, que la mort tragique de son frère aîné fait disparaître aux yeux et au coeur de ses parents inconsolables de la perte du fils préféré), obsession du miroir comme alter ego schizophrénique, thème musical récurrent et réorchestré tout au long du disque (le déchirant "Love Set Me Free", qui rappelle immanquablement le "See Me, Feel Me" de Tommy à son père), et même, un "Welcome To The Show" adressé par le héros à ses idolâtres, qui ouvre le long titre de conclusion.
Artisan quasi unique de ce grand oeuvre (il en assure l’écriture, la production, les guitares, la basse, les claviers et toutes les voix), Blackie Lawless investit chaque note, chaque mot, chaque personnage d'une sincérité rageuse et habitée, comme si sa vie en dépendait.
Et puis enfin, surtout, il y a cette voix : tour à tour âpre, profonde, possédée, rugissante, mélancolique, hurleuse, suppliante, tourmentée, viscérale, c'est elle qui transfigure cet album essentiel et le rend définitivement inoubliable.

En bonus, un fond d'écran Phantom Of The Paradise/W.A.S.P. (1280 x 692) :