vendredi 29 juillet 2016

SOIRÉE CINÉ 3 FILMS (3) - concept "Avengers"

1) Avengers, de Joss Whedon (2013)
Quelle idée de génie de Marvel Studios d'avoir confié son plus gros coup à Master Whedon ! Quand j'ai appris la nouvelle, je n'arrivais pas à y croire : lui qui avait vu sa série Firefly annulée au bout de 14 épisodes parfaits, son projet chez DC d'adaptation de Wonder Woman avorté en pré-production (avec Cobie "Robin Scherbatsky" Smulders, que le malin Joss emmènera avec lui chez Marvel pour être sa Mariah Hill), son désir de réaliser un Harry Potter proprement ignoré, le voilà qui signe avec Marvel pour le plus incroyable des défis de son Cinematic Universe.
Il n'a pas fait le boulot tout seul, quand même : les films consacrés à chaque héros valait leur pesant de pierres d'infinité, mention spéciale aux fantastiques Captain America, pas gagnés d'avance avec un personnage étoilé et patriote un peu démodé (mais avec un Chris Evans particulièrement inspiré et convaincant).
Au rayon nouveautés du casting, pour que Avengers ne soit pas QUE la rencontre au sommet des Dieux de Marvel, on a Hawkeye et Black Widow. Jeremy Renner, déjà extra dans les deux derniers Mission:Impossible (au point que la Paramount avait pensé à lui pour remplacer Tom Cruise, les fous !), est formidable ici aussi en tireur à l'arc infaillible. Et bravo à Marvel d'avoir choisi la sublime Scarlet Johansson, qu'on ne s'attendait pas forcément à trouver là, pour interpréter la troublante Black Widow, qui n'a pas (encore) eu droit à son film, mais qui est la seule à être un peu partout à la fois (ce qui correspond sacrément bien au personnage) : elle intervient aussi bien dans le parfait Captain america : le soldat de l'hiver que dans le moyen Iron Man 2 (sa séquence est la meilleure du film). Bonne nouvelle à ce propos : Si Joss Whedon a abandonné (plus ou moins volontairement) la franchise Avengers, il fait maintenant du pied à Marvel pour réaliser le premier film consacré à la Tueuse Rousse Russe (à dire tout haut et très vite ;).
Nouveauté quand même aussi chez les héros déjà vus : Marvel tâtonne depuis longtemps pour trouver le bon Bruce Banner (Eric Bana et Edward Norton n'ont pas transformé l'essai et Hulk est finalement le seul des Avengers à n'avoir pas eu son vrai bon premier film), et c'est ici Mark Ruffalo qui enfile le short en jean indestructible. Et il réussit le tour de force de faire exister son personnage au-delà du bon-c'est-bien-joli-tout-ça-mais-quand-est-ce-qu-il-va-se-transformer-et-tout-défoncer. Et laissez-moi vous dire ceci : après lui, il n'y aura JAMAIS d'autre Hulk.
L'histoire est très bien troussée aussi, on croit autant à la nécessité de cette association super-héroïque contre le déferlement de saloperies hostiles sur New York qu'à la quasi impossibilité à ces super égos de s'entendre (et pas seulement avec Hulk). La preuve qu'ils étaient déjà sacrément bien écrits avant ce film.
Et la mise en scène de Whedon est, comme d'habitude, inventive et virtuose. même si son empreinte aurait pu être moins lisible ici que dans ses précédentes œuvres, un peu cachée par les centaines de millions de dollars qui demandent d'y aller mollo sur l'ironie et la malice. Peine perdue, Joss Whedon est bien aux commandes, à tel point que Marvel sera plus explicite pour le 2, et ne lui en laissera pas le montage final.
En attendant, Avengers est le (deuxième) meilleur film de super-héros jamais réalisé !


2) Captain America : le soldat de l'hiver, de Joe et Anthony Russo (2014)
Avengers est le deuxième meilleur film de super-héros, parce que le premier, c'est celui-là !
Tout est parfait ici : le scénario, les effets spéciaux, le rythme, les cascades, les acteurs, les dialogues, ouah ! C'est simple, je ne peux pas développer, sinon je raconte tout le film, je récite les dialogues et je finis par envoyer l'ordinateur tournoyer et ricocher contre les murs de la bibliothèque.
Si vous ne devez voir qu'un film de super-héros, vous avez tort, mais ça devrait être celui-là. Mais par contre, vous n'y comprendrez rien, hein, parce que quand même, il faut avoir vu les autres ;)


3) Avengers : l'ère d'Ultron, de Joss Whedon (2015)
Après le premier Avengers, il fallait faire encore plus fort.
Alors, mission accomplie ?
Voyons ça.
- Le méchant ? Dans le premier, un Dieu d'Asgard avec une armée de Chitauri et quelques Léviathans galactiques, c''était déjà bien costaud, et Iron Man manquait y rester. Bon.
Cette fois, Ultron, c'est pire, et donc, c'est encore mieux.
Pas de spoiler, mais un indice : il aurait pu mettre sa raclée à la Matrice.
- Les personnages ? Deux nouveaux, les jumeaux Maximoff, annoncés en post-générique du Soldat de l'hiver, avec l'air tellement imbattables que je croyais que ce serait juste eux les méchants de ce nouveau Avengers. Finalement non, et c'est mieux comme ça, leur passé d'enfants meurtris ne suffisant à en faire des personnages aussi intéressant qu'Ultron. Mais question fight, c'est la bonne claquasse qu'on attendait, surtout Wanda, très convaincante dans le rôle assez casse-gueule de la lanceuse-de-boules-d'éclairs-qui-font-bien-mal-par-où-ça-passe.
De leur côté, les autres héros sont encore une fois très bien, aussi crédibles dans les scènes de virile camaraderie que dans les désaccords plus ou moins musclés, et Joss Whedon n'a pas son pareil pour filmer une scène de fin de soirée, col de chemise déboutonné et dernier verre à la main, et donner des airs de mes meilleurs copains à ces personnages surhumains.
- La mise en scène ? Un peu moins personnelle que dans l'épisode précédent, elle fait cette fois la part belle à des scènes de non-stop-action, auxquelles manque parfois peut-être un peu (je prends des précautions parce que c'est quand même un film super réussi) les moments de complicité ironique que la caméra mettait intimement entre ses héros et nous, comme pour dire oui-oui-il-va-VRAIMENT-faire-ce-truc-de-fou-là-maintenant-tout-de-suite, avec l'air de ne pas y croire elle-même. Mais le scénariste/réalisateur garde la main pour des purs moments whedonesques, dans le bourrin (l'hilarant "Go to sleep, go to sleep, go to sleep" d'Iron Man à Hulk pendant qu'il lui remplit la gueule de calottes démentielles) comme dans les breaks (les séquences dans la maison des Barton, où rien en se passe mais où tout est essentiel  (et dont Marvel ne voulait pas)).
Alors mission accomplie ?






mercredi 27 juillet 2016

SOIRÉE CINÉ 3 FILMS (2) - concept "Space Cowboy Opera"

1) Star Wars Episode III, de George Lucas (2004)
Clairement l'épisode le plus réussi de la trilogie maudite du démiurge irascible George Lucas. Ce qui ne veut pas dire grand chose tellement les épisodes I et II sont moyens. Pas nuls, non, mais moyens. Disons qu'il y a du bon, voire du très bon, dans les trois, et que c'est dans cette "Revanche des Sith" qu'il y en a le plus.
Le bon :
- le complot et les machinations politiques, très bien menées depuis le début de la trilogie (c'est certainement l'aspect le plus étonnamment réussi de la trilogie), trouvent là leur point d'orgue, dans la violence et la légalité. La plus belle réplique de l'épisode revient à Padmé, au Sénat Galactique : "Alors c'est ainsi que meurt la liberté. Sous un tonnerre d'applaudissements."
- le méchant Général Grievous, qui créé le concept jamais vu de droïde souffreteux. Ça peut faire sourire, mais il est pas si mal, avec ses quatre bras armés de sabres lasers, même s'il commet l'erreur habituelle des méchants d'opérette : il demande à ses deux cent cinquante mille droïdes soldats de ne pas exécuter Obi-Wan comme un taun-taun, et de le lui laisser. Ah ah ah, big mistake!
- la bataille spatiale du début, qui rappelle que si Lucas est un scénariste/dialogue assez calamiteux, il reste un réalisateur doué : le plan-séquence qui ouvre le film est à couper le souffle!
Le très bon :
- les scènes de massacre des Jedis, qu'on n'osait pas espérer aussi noires, et qui sentent bon le côté obscur.
- les duels finaux simultanés Yoda/Sidious et Kenobi/Skywalker. J'attendais beaucoup de ces deux face-à-face, l'un pour le combat des chefs, l'autre pour la fin d'Anakin, et je ne suis pas déçu. Yoda est incroyable en lutin de choc, acrobaties vertigineuses et regards pénétrants, Jedi de fou, sans colère jusqu'au bout, joli coup. Obi-Wan est impec aussi en maître meurtri, qui abandonne son ami aux flammes et à sa folie auto-destructrice, après un combat très bien mené.
- la réparation du corps fracassé d'Anakin en Darth Vader, très attendu lui aussi, qui s'annonçait comme le too much du too much, et qui, bizarrement, passe bien.
Le moins bon :
- le personnage de Padmé, totalement sous-exploité, à qui la toujours ravissante et convaincante Natalie Portman peine à donner de l'épaisseur, et dont la mort incompréhensible est à la limite du ridicule (comme l'ensemble de son pseudo-amour fou avec Anakin depuis le début : voir pour ça la scène de séduction dans la fausse herbe numérique de l'Episode II).
- Mais, mais, regardez, c'est Chewbacca, mais oui, c'est bien lui ! Et Solo, il est pas là ? Bébé, peut-être ? Dommage d'avoir voulu la jouer (encore) cohérence-cohérence, parce que les Wookies sont bien crédibles en derniers bastions de résistance au futur Empire. Mais Chewbacca, merde, c'était pas la peine !
- Autant Ian McDiarmid est parfait en fourbe et calculateur Sénateur Palpatine, autant il en fait des caisses en Empereur difforme et content de lui : on s'attend à des yark-yark-yark dignes d'Izogoud à chaque réplique.
Bref, merci aux Dieux de la Galaxie Lointaine, Très Lointaine d'avoir soufflé à George Lucas qu'il était temps de passer la Force à Disney, et merci à Disney d'avoir choisi J.J. Abrams, qui a réalisé le meilleur épisode de toute la saga, et qui ne s'arrêtera sans doute pas là.


2) Serenity, de Joss whedon (2005)
C'était la meilleure série du monde, c'est devenu un des meilleurs films du monde.
Pas encore aux commandes de la formidable franchise Avengers de Marvel, Joss Whedon a troussé un space western opera qui a tout pour être mythique, plus encore d'après moi que n'importe quel Star Wars (bon, d'accord, pas celui de J.J. Abrams), dans un univers parfaitement cohérent et définitivement excitant (à défaut d'être véritablement original), où chaque planète a des airs de Gattaca en Arizona.
Des personnages de cow-boys galactiques (et ce ne sont pas que des mecs) tout en nuances d'héroïsme et de cynisme, une histoire en béton armé, des méchants bien monstrueux, un nemesis fascinant de sauvagerie courtoise, des décors bien réalistes (le vaisseau, crado et fonctionnel), des dialogues tellement bien écrits (et bien balancés) que l'intégralité mériterait de figurer dans les quotes d'IMDB, une mise en scène virtuose (cf. le plan-séquence de générique, et c'est pas du numérique, c'est du De Palma dans l'espace!), et une direction d'acteurs magistrale de malice, d'ironie et de talent : josswhedonesque, en somme !


3) Cowboys & Aliens, de Jon Favreau (2011)
Ah, cette scène d'ouverture (quasiment telle quelle en bande-annonce, tellement elle dit déjà à quel point ce film sera génial), avec ce Daniel Craig désorienté mais d'un magnétisme animal absolument ahurissant (j'en ai encore des frissons en l'écrivant, que quelqu'un m'abatte !), une baston éclair qui sent le cuir qui craque et le poussière qui acre (ça veut rien dire, c'est pour le rythme de la phrase ;), et tout est dit : C&A sera un western d'anthologie, et ce, même si des aliens terrifiants de sauvagerie et de vélocité ne venaient pas en secouer les cactus et cabrer les chevaux (si, là, c'est bon, ça veut dire quelque chose, relis bien ;)
Et ce n'est pas tout ! On dira ce qu'on voudra du jeu d'acteur de Harrison Ford (il joue toujours pareil, disent certains, et ce n'est pas tout à fait faux : ce Colonel Dolarhyde est un peu beaucoup Han Solo avec un chapeau de cowboy ou Indiana Jones avec... un autre chapeau), mais le vieux cabot reste un des mecs les plus chouettes du monde à regarder sur un grand écran : ses mimiques, grimaces, et autres regards en coin sont une inépuisable source de réjouissances de spectateur, ici comme ailleurs !
Et Olivia Wilde est très bien aussi, avec sa robe Carolyn Ingalls, son colt à la ceinture, ses yeux bleus transparents et son passé mystérieux jusqu'à la magie.
Et je pourrais continuer comme ça, tant tout ici est réussi, du moindre personnage secondaire (qui a reconnu le Durgan derrière ses petites lunettes de prêcheur que plus rien n'étonne ? Qui a reconnu Walton Goggins, le nouveau chouchou des westerns de Tarantino ?) au plus petit élément de décor, vaisseau spatial et saloon enfumé (ou ce bateau à aube fracassé à l'envers "à 800 km de la plus proche rivière capable de l'accueillir", vision de noire poésie digne de Tim Burton ?)
Un chef d'oeuvre, pour moi.
Pas de numéro 2, mister Favreau ?

mardi 26 juillet 2016

SOIRÉE CINÉ 3 FILMS (1) - concept "Tentative de survie à la menace de destruction de la planète Terre"

1) Albator, le corsaire de l'espace, de Shinji Aramaki (2013)
Même si je n'ai pas tout compris à la fin, cette adaptation du dessin animé de quand-on-était-petits est plutôt réussie et répond aux attentes des spectateurs nostalgiques : Albator est une vieille bête au sabre-fusil ou au combat rapproché et il envoie des regards lourds de tu-ferais-mieux-de-faire-comme-je-dis-sinon-tu-vas-pleurer à chaque apparition, et c'est bien ça qu'on espérait. Le mystère de son passé et de son œil perdu est révélé, et on attendait ça aussi. Après, on accroche ou pas aux révélations. Perso : mention très bien pour le passé, mais la blessure, c'est un peu banal (une balle perdue, comme tout le monde).
Les sidekicks ne sont pas mal non plus, notamment la sexy et badass Kei, pas du tout potiche, et le second Yattaran, moins comico-lourdaud que dans le dessin animé. Yama, le-traître-qui-trahit-mais-qui-regrette-d'avoir-trahi-et-qui-trahit-encore-mais-pour-le-compte-des-gentils-cette-fois, est un peu lourd d'états d'âmes et de tergiversations, mais il a un côté Luke Skywalker Episode IV qui passe bien.
Bref, une réussite, mais pas non plus impérissable.


2) Pacific Rim, de Guillermo Del Toro (2013)
Vu au cinéma à la sortie et jamais revu depuis, j'en gardais un souvenir de bastons très élégantes et ultra bourrines à la fois : ces géants de fer et ces monstres de cauchemar se mettent des roustes phé-no-mé-nales, qui font mal et peur et vraies. Mais le film vaut aussi pour sa réflexion sur l'héroïsme, le sacrifice et la coopération. Comme Independance Day, mais en pas énervant. Et en pas trop long, non plus, et avant une nouvelle peignée d'anthologie, bien sûr.


3) Transformers, de Michael Bay (2007)
Vu à la sortie aussi, plutôt (très) bon souvenir, mais trois suites de pire en pire, qui ont bien éventé le concept, l'effet de surprise passé, les robots qui mettent aussi longtemps à débarquer que Tony Stark à mettre l'armure, le petit Decepticon hystérique et insupportable, le jeu survolté et lassant de Shia LaBeouf, les bagarres filmées en supersonique, tout ça finit par user. Restent quelques très bons moments : une animation des transformations toujours bluffante, un excellent John Turturro en roue libre, une ou deux séquences burlesques réussies (les Autobots qui se font tout petits dans le jardin des Witwicky), et Megan Fox, bien sûr, renversante de sensualité et de badass attitude, et bien plus explosive que les combats, poursuites et autres destructions.
Bref, comme souvent avec Michael Bay, le mieux, c'est encore les bandes-annonces.


lundi 25 juillet 2016

MON HELLFEST 2016 : Jour 1

Le HellFest, c'est le DisneyLand des métalleux.
Et comme à DisneyLand, il y a les attractions (la grande roue, la tyrolienne, les cracheurs de feu, les strip-teaseuses en cuir et échasses...), les décorations (les brûlots et feux de joies à la nuit tombante, les sculptures metal (dans tous les sens du terme : le scorpion géant en carcasse de voiture ou la magnifique et touchante statue-hommage à Lemmy Kilmister)), les boutiques hors de prix mais auxquelles on ne résiste pas (le Merch, l'Extreme Market, le Band Merchandising...) et les... files d'attente !
Cette première journée sera en effet placée sous le signe de l'attente, au point que l'ami Fabrice proposera une nouvelle unité de temps, spécifique au HellFest : le "merch" (= 1h45 environ).

Attente d'abord à la cathédrale (entrée et fouille), alors que j'arrive juste après l'ouverture des portes, à 10h15, pour le concert de Delain à 11h05, mon premier rendez-vous de ce festival. 3/4 de merch plus tard, je n'en suis toujours pas sorti, et je ne verrai que la dernière chanson de la bande de Charlotte Wessels.
Dommage, parce que la chanteuse est sexy en diable (pour moi, en tout cas, Yves-Marie la trouve trop grosse !), gilet en fourrure sur brassière noir et nombril piercé, et qu'elle a l'air ravie de l'accueil qui lui a été réservé : elle termine sa petite demi-heure de set tout sourire, et je regrette d'avoir raté cette prestation, je me réjouissais de découvrir ce groupe "en vrai", notamment son tout petit bout de guitariste, minuscule blondinette aux faux airs de Reese Witherspoon, dont je me demandais quelle impression elle donnait sur scène. À voir la photo, ça a l'air de gérer.


La déception est d'autant plus grande que Delain était mon seul concert attendu de cette première journée, le prochain étant celui des formidables Danois de Volbeat à... 20h45 !
L'après-midi s'annonce longue, c'est dans 5 merchs, merde !
Et même plus que ça, puisque c'est maintenant la queue un peu partout qui m'attend, un peu bêtement rétrospectivement, pour les prochaines heures.
Au HellMerch officiel d'abord, où une toute petite foule équivaut ici à un 1/2 merch d'attente pour une casquette et un T-shirt. Pas si mal pourtant, quand on sait que Fabrice attendra 1 merch entier pour la même chose en milieu d'après-midi, avec la même toute petite foule (sûrement la faute à ces furieux qui achètent pour 200 euros de merchandising officiel 2016 et essaient tout, pour un peu ils coudraient les patchs sur leur veste pour vérifier que ça rend bien !) Je sarcasme, mais l'attente ici est toujours sympa, ça discute choix de T-shirts, hellfests des années passées et background musical personnalisé : mention spéciale à ce Bordelais, fan de Hysteria et de Double Eclipse (et aussi de David Lee Roth, mais bon, personne n'est parfait :). Et évidemment, le lendemain, une gestion de stocks bien calculée pour la première fois dans l'histoire du Hellfest permettra aux festivaliers moins impatients que nous de faire la même récolte en 10 minutes chrono !


Un tour au Market ensuite, 1 merch et 50 euros plus tard, je ressors avec un picture disc de "Have You Ever Needed Somoeone So Bad," de Def Leppard et le double vinyl du dernier album de Nightwish, seule "erreur" d'impulsivité, puisqu'un stand voisin proposait le vinyl de Dark Passion Play, mon album préféré des Finlandais Symphoniques, à moins cher, le vendeur me proposant même immédiatement de me faire un prix sur ces disques qu'il n'arrive pas à vendre ! Rendez-vous l'année prochaine, j'espère !


Et puis, encore une queue interminable au Cashless (et la première sous une vraie averse d'orage). Les machines ne fonctionnant pas bien, les bénévoles préposés rivalisent de gentillesse pour faire oublier que chaque recharge de carte prend entre 5 et 10 minutes. Et donc, 10 personnes devant toi = 1 merch ! Yves-Marie et moi laissons finalement Fabrice dans la file pour nous placer pour Volbeat que nous avons attendu toute la journée.


Dès les premiers riffs de "The Devil's Bleeding Crown", le son est énorme, clair, précis et puissant (comme depuis le début de la journée au demeurant, alors que le HellFest a quand même une constante de son un peu bouillave : Megadeth en avait fait les frais en 2012, empêchant même Fabrice de découvrir un groupe qu'il a finalement eu tort de détester après cette première mauvaise impression), et Volbeat, pour sa troisième prestation à Clisson, va encore foutre le feu aux planches et claquer la gueule de tout le monde avec son rockabilly metal des enfers.
A part le mini-bide de la reprise de Johnny Cash, vite effacé par la boutade de Michael Poulsen avant le classique "Sad Man's Tongue" ("Tiens c'est bizarre, vous ne connaissez pas Johnny Cash, mais vous réagissez à cette merde ?", glisse-t-il, mi-amusé, mi-vexé sur son riff de "Lola Montez"), la setlist est une collection de hits métallo-country à la personnalité aussi brûlante que l'entrecuisse de la Lola Montez. Ne manque que le mythique et fondamental "Lonesome Rider" (joué la semaine précédente au Download) pour que le square dance infernal soit parfait : les extraits du fabuleux dernier album (le fédérateur "Seal The Deal", l'impeccable "Vor Evigt", et surtout le sublime "Goodbye Forever", au break de chœurs gospel, dédié par Michael Poulsen au grand Muhammad Ali, décédé le jour de la sortie du disque), mais aussi les couillus "16 dollars", "Doc Holliday" et "The Mirror & The Ripper", et même un extrait de la fameuse et fantastique reprise de "I Only Want To Be With You" de Dusty Springfield. J'aurai bien aussi participé à une attaque de diligence avec "Black Bart", rêvé de sauver le monde avec "Cape Of Our Hero", déterré quelques cadavres avec "The Nameless One" ou bu un café à "Mary Ann's Place", mais on ne peut pas tout avoir, surtout en festival.


Comme Megadeth, Volbeat est un groupe live sans effet de scène, mais d'une puissance et d'un charisme tels que le show tape-à-l'oeil et ultra calibré d'un Rammstein m'apparaît d'avance fatiguant. De même que la foule qui va certainement prendre d'assaut la fosse de la Main Stage 1 pour n'en rien rater. C'est vrai que la venue de Rammstein ici fait figure d'événement, en particulier parce que c'est sans doute le seul gros groupe de l'année à n'avoir jamais joué au Hellfest. Et que c'est apparemment un sacré spectacle. Et que tout le monde en parle. Et qu'on a jamais vu autant de T-shirts d'un même groupe sur le site (sachant que TOUT LE MONDE (même Fabrice) porte un T-shirt d'un groupe (ou un déguisement, ou un T-shirt officiel du Hellfest (ce sont même désormais ces derniers le plus fréquent, preuve que le festival lui-même a pris plus d'importance que son affiche : un genre de "Les affiches s'envolent, l'ambiance reste"))). Donc aujourd'hui, c'est Rammstein Day (ou Tag, plutôt), mais pour moi, c'est un peu la flemme.
Fabrice et moi restons quand même pour les trois premières chansons des Allemands, et je suis forcé de reconnaître que l'entrée en scène des guitaristes sur des plate-formes descendantes au son des riffs tranchants du martial "Ramm 4" a de la gueule (et rappelle furieusement Kiss). Mais il est 23h30, et il reste deux jours plus chargés que celui-ci, donc c'est l'heure de rentrer.
Tant pis aussi pour The Offspring, programmé à 1h00, qui fera, selon Yves-Marie, un show bien fun et sans rides.

dimanche 24 juillet 2016

VINGT MILLES LIEUES SOUS LES MERS avec Zia

Tu l'as attendu, ce film-là ! C'est la séance "de grande" annoncée depuis longtemps. On a déjà regardé ensemble "The Princess Bride", "Labyrinthe" ou "Chantons sous la pluie", mais celui-là, c'est le vrai film, bien long (plus de deux heures), bien littéraire et bien impressionnant (et bien Disney aussi, quand même, donc pour enfants, mais pas que).

Tu accroches tout de suite aux grimaces et aux pitreries de Kirk "Ned Land" Douglas, qui en fait des caisses dans le genre fier-à-bras égoïste, trublion et indomptable (aidé en cela par la voix de l'impayable Roger Rudel). De la scène du premier repas des condamnés - où les rictus dégoûtés et les regards furibonds de Ned te ravissent aux éclats -, à sa course de dératé pour fuir les cannibales ("Hé, attends-MOUAAA!"), qui n'est pas sans rappeler celle d'Indiana Jones devant les Ovitos. (Et ça se confirmera tout au long du film : Harrison Ford ne pourrait certainement pas nier s'être inspiré de l'acteur à la fossette pour son Han Solo ou son Dr Jones ! Tiens, je n'avais jamais remarqué ça, dis donc !)
Mais tu aimes aussi quand Ned se rappelle qu'il est aussi un héros : après son héroïque sauvetage de Nemo contre le calmar géant, tu ne manques pas de faire (très justement) remarquer que "Même s'il est en colère après Nemo, même s'il l'aime pas trop, il l'a quand même sauvé". Bien vu, ma Zia !
Et tu es un peu déçue qu'il n'ait pas pu emporter les richesses qu'il avait volées et cachées dans sa géniale guitare-tortue, qu'il est forcé de fracasser sur la tête d'un marin du Nautilus pour s'échapper. Ah ah ah, moi pareil !
Par contre, normal, tu passes (pour cette fois !) à côté des motivations des autres personnages, très intéressants aussi, mais dont les mots et les actes sont moins transparents que ceux du brave Ned : les dialogues notamment sont magnifiques, l'écriture est très ambitieuse, très littéraire (et très respectueuse en ça du style de Jules Verne, et c'est tout à l'honneur des producteurs, qui visaient bien un public jeune, mais c'était en... 1954 !), mais les tournures sont parfois vraiment difficiles à saisir, et c'est bien le souvenir que j'en avais moi-même. Je reconnais même avoir compris aujourd'hui avec toi certains mots en suspens dans ma tête depuis trente ans ! Un exemple, lorsque Nemo reproche à Ned d'avoir tenté de rapporter un coffre au trésor lors de leur partie de chasse : "Vous prêtez une valeur absurde à la plus vile des possessions humaines. À bord du Nautilus, nous nous servons de ces brimborions comme lest." Ouah, ça, c'est envoyé !
Un autre ? Nemo, lors de la seule explosion de sa rage intérieure qu'il s'autorisera : "Eux sont les assassins, les courtiers du néant, et c'est moi le vengeur!". Cette magnifique réplique, jamais je ne l'avais comprise !
Et ce métaphorique "Vous portez un masque" du Professeur Aronnax à Nemo, qui t'a plongé dans la perplexité : "C'est pas sa vraie tête, alors?", m'as-tu demandé.
Par contre, tu as compris ce que j'aurais préféré que tu rates : oui, la femme et l'enfant de Nemo ont été torturés à mort, pour l'obliger à révéler ses secrets...
Après le film, en bonne océanographe en herbe, tu voudras en savoir plus sur le calmar géant, et nous irons sur Internet à la pêche aux infos : figurez-vous d'ailleurs que l'existence de ce monstre marin est enfin avérée, un spécimen d'une dizaine de mètres ayant enfin pu être observée, photographiée et filmée en fin d'année dernière au Japon !
Et notre discussion ensuite, sur les bienfaits de la science et les méfaits de l'homme (ou le contraire), me rendront très fier de toi : tu ne parviendras d'ailleurs pas à décider si Nemo a raison de faire la guerre à la guerre eu tuant des marins pour sauver des vies innocentes.

De mon côté, j'ai encore été soufflé de l'interprétation de James Mason en Nemo, dont le choix est le véritable coup de génie des producteurs. L'acteur anglais est stupéfiant de violence intérieure et de rage destructrice contenues, qu'il dissimule sous une posture policée et un parler posé, mais qu'il laisse affleurer dans son regard fiévreux et tourmenté. Oui, tout ça ne même temps : il est stupéfiant, je vous dis.
Et les décors rétro-futuristes du Nautilus, aussi poétiques que réalistes, sont tellement réussis qu'ils imposent à la mémoire l'évidence : le sous-marin du capitaine Nemo ne peut être autre que celui-là. On y transpire, on y vit, on y meurt, l'air manque ou se purifie, les murs suintent et résonnent, on y est, pour toujours.

lundi 23 mai 2016

TOP 5 DES LIVRES QUE VOUS NE LIREZ PAS CET ÉTÉ (PARCE QUE VOUS LIREZ LE MIEN ;)

... mais que vous pourriez avoir envie de lire, si vous avez aimé le mien :

1) Les cornichons au chocolat, de Philippe Labro
Celui-là, vous ne me croirez pas si je vous dis que je ne l'avais jamais lu avant d'écrire BODAM. La narratrice, Stéphanie, parle, pense et écrit comme Prune. Si je ne savais pas, je m'accuserai de plagiat.


2) Une place à prendre, de J.K. Rowling
Ma référence du livre choral et le chef d'oeuvre de son auteur (qui en a pourtant écrit des bons, vous les connaissez ?)


3) Muchachas, de Katherine Pancol
Les autres tomes des aventures de Joséphine Cortès auraient tous eu leur place ici, mais c'est l'histoire entre Gary Ward et Calypso Nuñez que je préfère.


4) Toute la beauté du monde, de Marc Esposito
Celui-là, au-delà de l'incroyable justesse dans les sentiments, les revirements, les hésitations, les reculs, les audaces, c'est pour autre chose que je le choisis : la chanson préférée de l'héroïne, c'est 'Still Loving You', et on écoute les Guns et Bon Jovi à Bali. Ah ? On a le droit d'écrire ça dans un livre ? Alors, à mon tour !


5) E=Mc², mon amour, de Patrick Cauvin
Lauren et Daniel sont amoureux, mais ils ont onze ans. Et ça change tout. Et aussi, ils sont surdoués. Et ça ne change rien : ça finit mal, même quand on a onze ans.